Portrait d’un cannibale, Sinar Alvarado

Reportage-fleuve sur un fait divers sordide qui a meublé les entrefilets de la presse vénézuélienne à la fin des années 1990, Portrait d’un cannibale dépeint le tableau sanguinolent des meurtres commis par Dorancel Vargas, baptisé « El Comegente », ou « Le mangeur d’hommes ». Schizophrène et paranoïaque, le type a assassiné, démembré puis mangé une dizaine d’hommes entre 1995 et 1999, à proximité de sa cahute sise sous le pont Libertador dans l’État de Táchira. D’abord publié en 2005, ce sont les éditions Marchialy qui, cet automne, nous dévoilent en français ce roman de « non-fiction ». La petite boite française créée l’an dernier se spécialise dans la « littérature du réel », dans les « grands reportages aux frontières du roman d’aventures ». Portrait d’un cannibale, toutefois, c’est le reportage amputé de sa dimension d’aventure. Car il manque au récit du journaliste vénézuélien ce petit trépignement à l’idée de tourner une nouvelle page. Alvarado, de sa plume claire et précise, se borne à rapporter les faits. Il se fait tantôt le témoin du meurtrier, tantôt celui des victimes et de leurs proches, accumulant les personnages et les retours en arrière dans des histoires qui, inévitablement, se recoupent, causant des redondances alourdissant un récit déjà fort complexe.

Portrait d’un cannibale

★★ 1/2

Sinar Alvarado, yraduit de l’espagnol par Cyril Gay, Éditions Marchialy, Paris, 2017, 220 pages