On n’entend plus jouer les enfants, Allen Côté

Il suffit parfois d’un événement pour que du palimpseste de l’âge adulte rejaillissent les souvenirs d’une enfance difficile. Voilà ce qui guette l’alter ego d’Allen Côté dans son troisième roman, On n’entend plus jouer les enfants, bouleversé par sa jeune amoureuse qui lui propose de faire un enfant. Auteur de romans policiers en panne d’inspiration, tourmenté par l’idée de l’enfance, ses souvenirs lui reviennent peu à peu et, à la place d’un polar, il se met à l’écriture du « récit d’un enfant inconsolable », entre l’amour d’une cellule familiale éclatée et le quotidien pénible du pensionnat, « là-bas ». Récit de réapprentissage, le narrateur s’engage ainsi sur le chemin de la réconciliation avec son histoire propre. Tandis que la fable s’ancre dans un décor intimiste qui nous est bien rendu, la structure éculée du roman dans le roman, soutenue par un style en panne de souffle, peine à opérer la catharsis. La trame de l’enfance souffre particulièrement d’une succession de phrases égales qui achoppent le rythme et entament le plaisir de la lecture. Heureusement, la finale, loin d’être mièvre, excuse quelques défauts, et scelle la réconciliation.

On n’entend plus jouer les enfants

★★

Allen Côté, Annika Parance éditeur, Montréal, 2017, 224 pages