Mort de l’historien et auteur prolifique Max Gallo

Extrêmement prolifique, l'historien Max Gallo a publié d’un à quatre livres par an en près de quarante ans. 
Photo: Stéphane de Sakutin Agence France-Presse Extrêmement prolifique, l'historien Max Gallo a publié d’un à quatre livres par an en près de quarante ans. 

L’historien et académicien Max Gallo, auteur à succès de plus d’une centaine de romans, dont La baie des Anges, et d’ouvrages historiques, parmi lesquels sa saga consacrée au général de Gaulle, est mort mardi à l’âge de 85 ans, a-t-on appris mercredi auprès de son éditeur XO.

Les obsèques de Max Gallo, décédé dans sa résidence secondaire dans le sud de la France, seront célébrées ce vendredi à 10 h 30, en l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris, a indiqué à l’AFP la société des pompes funèbres missionnée par son épouse.

Membre de l’Académie française depuis 2007, Max Gallo souffrait de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années. Il avait annoncé lui-même être malade en mai 2015, au moment de la parution de son dernier livre, Dieu le veut. « Nous avons toujours la liberté d’en finir avec nous-mêmes », déclarait-il alors.

Au printemps dernier, sa femme, Marielle Gallet, avait publié un livre, Bella Ciao, dans lequel elle racontait leur combat quotidien, souhaitant « se pencher sur notre comportement et notre psychologie face à la maladie », expliquait-elle à RTL.

Fils d’immigrés italiens, né le 7 janvier 1932 à Nice, il décroche d’abord un CAP (certificat d’aptitude professionnelle) de mécanicien-ajusteur avant d’obtenir l’agrégation d’histoire à 28 ans.

Après ses études, il devient maître assistant à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis. Il écrit sur l’Italie de Mussolini, l’Espagne franquiste et publie ses premières biographies.

Mais c’est avec La baie des Anges, en 1976, premier volet d’une série romanesque située dans sa ville de coeur, qui conte le destin d’une famille d’immigrés italiens, qu’il touche le grand public.

« Dès jeudi, les drapeaux de la ville de Nice seront mis en berne. Nice honorera sa mémoire en donnant son nom à une avenue », a annoncé le maire de la ville, Christian Estrosi.

De Gaulle, son héros

Extrêmement prolifique, Gallo a publié d’un à quatre livres par an en près de quarante ans. C’est en tant que biographe de personnages historiques que Gallo s’est surtout fait un nom, avec des ouvrages sur Robespierre, Garibaldi, Jules César, Jean Jaurès, Victor Hugo, Louis XIV…

À Napoléon Bonaparte, il consacre une saga en quatre tomes qui se vend à près d’un million d’exemplaires (1997). Il fait de même avec le général de Gaulle, son héros, celui, dit-il, qui l’a « le plus ému » et dont il se sent « le plus proche ». Jusqu’à la taille, 1,93 m.

Orateur talentueux, un brin mégalo, le « grand Gallo » a fait de la mémoire et de l’histoire les deux piliers de son oeuvre, même s’il avouait en 1974 à Bernard Pivot : « Être historien, c’est être masochiste. »

Des essais et des suites romanesques, comme La machinerie humaine (1992-1999), complètent son oeuvre. Ses romans, populaires, efficaces, lui assurent un large public et quelques sobriquets, de « Balzac fin de siècle » à « Michelet des hypermarchés ».

Ce bourreau de travail se levait tous les matins avant l’aube pour s’adonner à l’écriture. Homme de presse, il a été éditorialiste à L’Express, avant de diriger la rédaction du Matin de Paris.

Amoureux de la France

Passionné de la République et de politique, il s’est engagé d’abord à gauche, puis à droite. Ancien militant communiste, ce pourfendeur de la « repentance » et de l’affaiblissement de la France se lance dans la bataille électorale et devient député socialiste des Alpes-Maritimes en 1981, dans la foulée de la victoire de François Mitterrand à la présidentielle.

Porte-parole du gouvernement en 1983-1984, secrétaire d’État, il siège au Parlement européen de 1984 à 1994. Mais, déçu par Mitterrand, il se tourne ensuite vers Jean-Pierre Chevènement, dont le républicanisme le séduit.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2007, il se rapproche de Nicolas Sarkozy. Il prononce d’ailleurs cette année-là, en mai, à la demande du nouveau président de la République, un discours en l’honneur des martyrs de la Résistance.

« L’immortalité, c’est le souvenir laissé dans la mémoire des hommes. Le souvenir de l’immortel Max Gallo restera dans nos mémoires », a réagi Nicolas Sarkozy, tandis que Marine Le Pen saluait un historien qui « dénonçait la “capitulation des élites” n’assumant plus la France dans son épaisseur historique ».

Le chef de l’État français, Emmanuel Macron, a pour sa part twitté, en soirée, que ses « pensées vont aux proches de Max Gallo, homme d’engagement, dont les passions furent la littérature, l’histoire et la France ».

La ministre de la Culture, François Nyssen, a aussi choisi Twitter pour saluer la mémoire de l’historien. « Avec Max Gallo, la France perd un homme de conviction, d’engagement, qui aura su l’éclairer au présent en lui contant son Histoire ».

1 commentaire
  • Jean-Charles Vincent - Inscrit 20 juillet 2017 04 h 33

    C'est sans savoir ce que Max Gallo deviendrait que j'ai lue adolescent, dans la collection Marabout Université, ''L'Italie de Mussolini''. Je n'ai jamais oublié le souffle et la trame qu'il donnait à cette époque troublée du pays de ses ancêtres. Et c'était son premier ou un de ses premiers ouvrages. Merçi pour cela.