D’une petite mouche bleue, Mathias Friman

« Il était une fois une mouche bleue avec des yeux globuleux. Posé au pied d’un arbre, le minuscule insecte venait de terminer son repas. C’est bon ça, dit la mouche en s’essuyant la bouche. Allons voir plus loin, la Terre est ronde, la Lune est blonde, je pars découvrir le monde ». Elle fit long feu, car une grenouille se trouva sur son chemin. À son tour, le batracien voulut aller voir plus loin, mais un serpent l’engloutit, qui se fit à son tour dévorer par une corneille et ainsi de suite jusqu’à l’homme qui, après avoir goûté au loup, fit ce qu’il devait et alla digérer son repas au pied d’un arbre. Sous forme de fable, Mathias Friman nous plonge au coeur du cycle de la vie, de cette chaîne alimentaire au bout de laquelle se trouve l’homme, puissant, laissant ses restes et ses déchets aux plus petits qui s’en délectent. La sobriété des illustrations, le peu de couleurs — noir, blanc et bleu suffisent à l’évocation —, la ligne pure, le style réaliste et très détaillé et le graphisme réfléchi imposent un second niveau de narration riche en signification.

D’une petite mouche bleue

★★★★

Mathias Friman, Les fourmis rouges, Montreuil, 2017, 24 pages