Marie-Renée Lavoie au bord de la crise de nerf

«Autopsie d’une femme plate» est une autre histoire de dérapage contrôlé après «Le syndrome de la vis» dans lequel Marie-Renée Lavoie mettait en scène une enseignante de cégep insomniaque.
Photo: iStock «Autopsie d’une femme plate» est une autre histoire de dérapage contrôlé après «Le syndrome de la vis» dans lequel Marie-Renée Lavoie mettait en scène une enseignante de cégep insomniaque.

À l’orée de la cinquantaine, une femme, mère de trois grands enfants, se fait plaquer par son mari, qui a choisi de tout recommencer avec une femme beaucoup plus jeune. Après vingt-cinq ans de mariage, cette expérience est pour elle un aller simple pour la dégringolade.

C’est le sujet particulièrement « original » qu’a choisi Marie-Renée Lavoie pour son troisième roman, Autopsie d’une femme plate. Empruntant le ton et le schéma d’une comédie de situation classique, le roman nous entraîne dans le sillage d’une femme au bord de la crise de nerfs permanente.

Diane Delaunais, la narratrice, a le sentiment d’avoir perdu toutes ses certitudes. Marchant sur la ligne mince qui sépare l’autodérision et l’amertume, cette femme nous raconte sa foi perdue envers l’amour, le couple et (surtout) son ex-mari. « La Terre compte plus d’enfants nés avec un sixième doigt de main ou de pied que de couples qui ont vécu véritablement heureux, ensemble, toute leur vie », estime-t-elle, avec un soupçon de mauvaise foi bien assumé.

Accusant ce qu’elle appelle sa « platitude » (dans tous les sens du terme, au physique comme au figuré), la protagoniste cherche où elle le peut les causes de cette rupture qu’elle n’a jamais imaginée. « Je suis née plate. Le gène en cause s’est glissé dans la spirale de mon ADN pendant ma conception. »

De séances chez le psychologue en rendez-vous avec une copine à écluser des « bouteilles de solution temporaire », en « petit pétage de coche » au sujet de la nouvelle blonde de son ex, Diane évolue sans épiphanie de la stupeur à la rage en passant par la dépression et le renouveau. Sa plus grande honte est toutefois moins spectaculaire : celle d’être devenue une petite chose faible et fragile aux yeux de ses grands enfants.

Trop long

C’est une autre histoire de dérapage contrôlé, en somme, après Le syndrome de la vis (XYZ, 2012) dans lequel Marie-Renée Lavoie mettait en scène une enseignante de cégep insomniaque. Autopsie d’une femme plate est une sorte de long (trop long) épisode de sitcom qui réunit tous les ingrédients du genre : un peu de rocambolesque, un humour corrosif, de bons dialogues, une vivacité certaine.

Mais il s’agit du roman le moins intéressant de l’auteure depuis La petite et le vieux (XYZ, 2010, Grand Prix de la relève Archambault et gagnant du Combat des livres), qui bascule ici sans complexe du côté de la comédie de divertissement, sans beaucoup d’introspection ni de délicatesse. Sans « autopsie » non plus et sans surprise.

Autopsie d’une femme plate

★★ 1/2

Marie-Renée Lavoie, XYZ, Montréal, 2017, 248 pages