Le bonheur cet illusionniste, Julie Stanton

Julie Stanton cherche à définir le mot « Bonheur comme dans bonheur », au fil de son dernier livre. Très différent de ses précédents recueils consacrés à la mort de sa fille, empreints, tous, d’une authenticité fulgurante, ce nouveau venu transcrit une quête du sens propre à la vie contemporaine. La poète s’interroge sur les valeurs du présent, sur les leurres de la modernité, sur la « poussière chaleur d’aluminium ». Or, la poète considère la quête du bonheur comme une illusion qui masque les valeurs pour elle essentielles. C’est un livre presque incantatoire à cet égard, rappelant que les migrations actuelles, les printemps optimistes tombent aussi en lambeaux, parfois. Revisitant l’Histoire, des origines en passant par les mythes du Sphinx, les spectres, les momies ou les cataclysmes, Julie Stanton creuse ce sillon de détresse qui fouisse l’âme. Les générations d’aujourd’hui ne seront plus que de « jeunes fruits parachutés sur les villes anciennes/ils atterriront dans des maisons d’inquiétude/sous des ampoules bleues fissurées par les guerres ». Voilà pour l’avenir. Mais le bonheur, toi, où seras-tu ? réclame la poète. Et de conclure : « Pire tu nous as menti tu n’y seras jamais. »

Le Bonheur cet illusionniste

★★ 1/2

Julie Stanton, Écrits des Forges, Trois-Rivières, 2017, 64 pages