Le dernier cow-boy, Jane Kramer

« Les cow-boys, ils aiment pas trop la compagnie des femmes. On n’a pas grand-chose en commun avec elles. Un cow-boy se dit que de toute façon, plus tard, quand il sera vieux, il aura tout le temps du monde pour s’asseoir dans un rocking-chair et parler à sa femme », confiait Henry Blanton, 40 ans, à la journaliste Jane Kramer (Lone Patriot) en 1977. Figure incontournable du Nouveau Journalisme américain, l’ex-correspondante à Paris du New Yorker trace avec puissance un portrait sans complaisance d’un homme nostalgique de la belle époque des cow-boys, celle de ses grands-pères qu’il idolâtre. Empêtré dans ses idées passéistes, ses valeurs conservatrices et un mode de vie anachronique, ce personnage pathétique, qui a échoué à devenir propriétaire d’un ranch, se transforme sous la plume magnifique de Kramer en un héros romantique tragique que n’aurait pas renié un Clint Eastwood au faîte de sa carrière. Si certains passages se révèlent très lourds tant l’auteure décrit dans le détail l’industrie de l’engraissement des veaux, dès qu’elle revient dans l’illustration des moeurs de ce cow-boy tournant le dos au progrès de l’agroalimentaire, Le dernier cow-boy s’avère un inestimable témoignage d’une époque révolue.

Le dernier cow-boy

★★★ 1/2

Reportage de Jane Kramer, traduction d’Ina Kang, Éditions du sous-sol, 2017, 173 pages