La fin de l’homosexualité et le dernier gay, Éric Duhaime

Avouez qu’il y a quelque chose de cocasse à lire Éric Duhaime, polémiste et ordurier notoire officiant dans une radio parlée de Québec, écrivant sur sa « fierté d’être Québécois lorsqu’il est question de notre tolérance », lui qui, en 2016, en direct sur ses ondes, ne comprenait pas que l’on s’offusque du geste plutôt intimidant, perpétré en plein ramadan, contre une mosquée de sa ville à grand coup de tête de cochon emballée déposée à l’entrée du lieu de culte. Mauvais hasard, c’est cette mosquée qui a été la cible d’un sordide attentat au début de l’année. L’homme prétend nourrir le débat, mais il cultive surtout la provocation opportuniste, comme ici, dans ce microbouquin en forme de coming out sur son homosexualité, qui traite de la fin de la discrimination et de la victimisation de cette forme de sexualité au Québec, selon lui. Éric Duhaime y défonce quelques portes ouvertes sur la normalité de l’homosexualité en 2017 avec cette pensée simpliste qu’on lui connaît et qui s’éloigne par moments de son sujet pour varloper encore les femmes, la gauche intellectuelle, l’islam et autre carburant de ce triste agitateur public. L’essayiste, qui ne s’embarrasse ni de la rigueur ni de la précision des faits, a dit un jour qu’il préférait avoir de la mauvaise information plutôt que « pas d’information pantoute ». Visiblement, la mauvaise polémique ne lui fait pas peur non plus.

La fin de l’homosexualité et le dernier gay

Éric Duhaime, Éditions de l’Homme, Montréal, 2017, 142 pages