Dolce vita, Juan Joseph Ollu

« Quel ennui aussi que de croire que, pour certains, la souffrance, l’attente, le désir et la tourmente des sentiments ne représentaient rien d’autre qu’un cliché à fuir », écrit le Montréalais Juan Joseph Ollu dans un premier roman ne craignant pas, lui, de scruter sous tous leurs angles la souffrance, l’attente, le désir et la tourmente des sentiments. Dragueur impénitent au coeur d’un Paris déroulant devant lui un tapis rouge de filles et de libations, l’hédoniste Maximilien se découvre à 18 ans une identité sexuelle moins rigide qu’il le croyait, ainsi qu’une fascination pour son prof Adrien, 26 ans. L’auteur du recueil de nouvelles Un balcon à Cannes (2012) prend ainsi salutairement le contre-pied du récit typique du gai-ayant-toujours-su-qu’il-préférait-les-garçons. À l’aide d’une langue tantôt alambiquée, tantôt joliment surannée, cette variation homosexuelle autour d’une éducation sentimentale autrement très traditionnelle célèbre avec fougue l’universel jusqu’au-boutisme d’une jeunesse découvrant qu’il fait souvent mal d’aimer.

Dolce vita

★★★

Juan Joseph Ollu, Annika Parrance éditeur, Montréal, 2016, 444 pages