La mainmise de Renaud-Bray inquiète des librairies indépendantes

Les librairies indépendantes redoutent l’agressivité de l’entreprise Renaud-Bray, qui a notamment acheté la librairie Olivieri (photo).
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les librairies indépendantes redoutent l’agressivité de l’entreprise Renaud-Bray, qui a notamment acheté la librairie Olivieri (photo).

La mainmise de plus en plus importante de Renaud-Bray sur le monde des librairies inquiète la coopérative des Librairies indépendantes du Québec, qui a lancé un signal d’alarme, s’inquiétant pour la santé de l’écosystème du milieu du livre.

La coopérative, qui rassemble une centaine de librairies indépendantes, souligne dans un communiqué publié jeudi plusieurs événements plus ou moins récents impliquant l’entreprise Renaud-Bray : achat des magasins Archambault et des librairies Olivieri et Paragraphe, ouverture de succursales à proximité de petits indépendants et, dernièrement, l’éviction de Raffin au profit d’un Renaud-Bray aux Galeries Rive Nord.

« Il est temps de sonner l’alarme », croit Dominique Lemieux, directeur général de la coopérative Les libraires, évoquant dans le communiqué l’approche « agressive » de Renaud-Bray dans plusieurs marchés. En entrevue au Devoir, il précise que la santé des joueurs indépendants est bonne depuis quelques années, et que les chiffres sommaires de 2016 montrent une hausse de plus de 3 % de leurs ventes.

« Dans ce cri du coeur là, on se limite à dire : “Regardez ce qui se passe actuellement, il y a un aspect de concentration de plus en plus grand, il faut être extrêmement vigilant. L’ensemble des joueurs du milieu, autant que les consommateurs et le gouvernement, doivent être conscients qu’il y a un risque potentiel.” »

Selon M. Lemieux, qui tient ses chiffres de l’Institut de la statistique, Renaud-Bray représente « près de 40 % des parts de marché dans la vente de livres au Québec ». Il fait le parallèle avec la chaîne Chapters-Indigo, un poids lourd dans le reste du pays. « Pour les partenaires, les éditeurs et les fournisseurs, un livre qui n’est pas retenu par Chapters-Indigo au Canada anglais, ça veut dire qu’il n’est pas présent [chez un joueur qui représente] 65 % des parts de marché de l’industrie. »

M. Lemieux évoque aussi une éventuelle guerre des prix que pourrait mener Renaud-Bray, ce qui donnerait un dur coup aux petits joueurs. Dans le communiqué, il ajoute que « Renaud-Bray pourra imposer des conditions commerciales de plus en plus contraignantes, tout comme il pourra manipuler la sélection présentée en succursales, ce qui nuira directement à la diversité de l’offre aux consommateurs ».

Au moment d’écrire ces lignes, Renaud-Bray n’avait pas rappelé Le Devoir.

1 commentaire
  • Nicolas Cousineau - Abonné 30 janvier 2017 11 h 03

    Renaud-Bray et les ruines d'Archambault

    Archambault a déjà été un magasin de musique magnifique. Sous RB, c'est en train de sombrer. Ce n'est pas que la faute de RB, mais il n'y a certainement pas de volonté d'empêcher le naufrage. J'ai une amie qui voulait acheter un cahier relativement rare sur le maché. Prix l'automne dernier: 80$. Commande passée, puis reçue quelques mois plus tard. Nouveau prix: 150$. À cause du nouveau distributeur. Mon amie a commandé en Angleterre et reçu son cahier le surlendemain, pour 57$, transport express inclus.