Les douze indices de Noël et autres récits, Phyllis Dorothy James

Les romans policiers de Phyllis Dorothy James ont marqué la seconde portion du XXe siècle. Elle est décédée en 2014 à l’âge de 94 ans, mais voici que paraissent, à titre posthume, quatre de ses nouvelles, campées dans la retenue de la bourgeoisie anglaise, où se côtoient meurtres et suicides. James a une plume qui sait faire dans l’économie. Ses formules nous accrochent parfois un sourire, d’autres font réfléchir, mais sa plus grande force demeure sa capacité à définir ses personnages en quelques mots : « Sa petite bouche mesquine et ses yeux foncés et méfiants donnaient à penser que son esprit était aussi étroitement corseté que son buste. » La nouvelle semble néanmoins un genre trop bref pour que la prolifique auteure puisse s’épanouir. Au moment du dénouement de l’enquête, le sang de la victime est encore trop frais et le suspense n’a pas eu le temps de prendre son envol. Ses nouvelles n’ont rien de remarquable et errent parfois dans les clichés, mais elles se lisent néanmoins avec plaisir. Après tout, le crime parfait n’existe pas.

Les douze indices de Noël et autres récits

★★

Phyllis Dorothy James, traduit de l’anglais par Odile Demange, Fayard, Paris, 2016, 208 pages