La finesse de pensée de Lochac

On possède très peu d'information à propos d'Emmanuel Lochac. Pierre Peuchmaurd mentionne qu'il est né juif à Kiev, en 1886, et qu'il est arrivé en France à l'âge de huit ans pour y demeurer jusqu'à sa mort en 1956. Penseur à l'esprit léger (ami de Jean Royère et de Valery Larbaud), voilà qu'on rassemble désormais à l'Oie de Cravan plusieurs de ses aphorismes dans une plaquette qui porte le titre de Le Charbonneur de murailles.

Comme le souligne avec justesse Peuchmaurd, «Emmanuel Lochac a le pessimisme tranquille, donc convaincant». Au fil des pages, on découvre de courtes phrases où la finesse de l'esprit côtoie des intuitions d'une grande spontanéité. Chez Lochac, les trouvailles rivalisent parfois avec celles de Litchenberg, Scutenaire ou Joubert. On pense notamment à celle-ci: «celle qui nous a blessés se porte parfois au secours de notre peine, mais elle se perd dans le labyrinthe», ou encore à cette autre: «réservons un spacieux territoire de chasse aux espoirs sauvages». Une fois de plus, une autre belle découverte à faire à l'Oie de Cravan.