Nos lecteurs ne manquent pas de styles

À l'instar de cinq artisans du «Devoir», les lecteurs du journal ont rendu hommage à l'écrivain Raymond Queneau.
Illustration: Tiffet À l'instar de cinq artisans du «Devoir», les lecteurs du journal ont rendu hommage à l'écrivain Raymond Queneau.

Chapeau ! Les lecteurs du «Devoir» ont vraiment beaucoup de styles. Et ils viennent de le démontrer, 40 fois plutôt qu’une, en répondant à notre appel lancé il y a deux semaines «Devoir» pour souligner les 40 ans de la mort de Raymond Queneau. Voici vos textes.
 

Ampoulé
 

Un grand, un très grand écrivain, décide par un matin pluvieux, dans les contrées où jaillissent des jonquilles, de publier un ouvrage à la hauteur de son talent, c’est-à-dire : génial ! 150 pages de ce livre remarquable seront publiées chez un éditeur compétent, Gallimard, qui a développé cette aptitude de voir de loin le savoir-faire et le génie des grands auteurs. L’histoire, qui nous tient en haleine du début à la fin, nous transporte à bord d’un bus conduit par un chauffeur à l’haleine fétide et nous parle d’un grand gaillard, que l’on défie par bravoure, afin de tester les limites de l’homme derrière la charpente imposante. Cette histoire bien ficelée, nous amène ensuite dans un autre lieu, en d’autre temps, vers une histoire de bouton de manteau, à l’étoffe du géant. On en redemande ! 

Non seulement, l’auteur nous a démontré ses imposantes capacités d’écrivain en nous servant un texte de grande valeur, il nous a également permis de profiter de son immense talent 99 fois plutôt qu’une ! En effet, il a eu le génie de réécrire cette magnifique histoire dans 99 styles littéraires différents, tous meilleurs les uns des autres ! 40 ans après avoir pleuré sa mort, le Québec, à la relecture de ses ouvrages inédits, louange encore ses écrits peu banal en scandant : « O Génie ! »

(Texte soumis par Anne-Julie Hynes)

 

Vulgaire
 

Ah ben ta— ! Il y a un gars, un ta— de français de 44 ans, qui a écrit un livre en 1947. Ça fait longtemps en ta— ça ! C’est l’histoire d’un gars qui se pogne avec un autre gars dans un autobus pis ça pourrait mal finir en ta—, mais finalement il se passe rien. Tout ça pour un ta— de bouton… En plus il la raconte 99 fois, cette ta—d’histoire ! Le gars qui a écrit ce livre est mort il a 40 ans pis là il est célèbre en ta—.  Même que dans le journal ils en parlent. Tout ça pour une ta— d’histoire plate !

(Texte soumis par Jean Charbonneau)

 

Une fois c’t’un gars qui en 1947 avait publié un torchon de 150 pages, dans lequel il disait n’importe quelle niaiserie à propos d’un gars qui se faisait chier dans un autobus, pour une histoire de cou trop long. N’importe quoi ! Après l’histoire nous parle d’un bouton de manteau pis ça se passe ailleurs, on comprend rien ! Le pire c’est qu’il répète la même histoire, qui n’a ni cul ni tête, 99 fois, dans le même livre, mais à chaque fois écrit différemment ! Ça fait 40 ans qu’il est mort, pis icitte au Québec on en parle encore criss ! Gang de malade !

(Texte soumis par Anne-Julie Hynes)

 

Interrogatoire
 

Au petit déjeuner, une femme, inquiète, interpelle son mari.

— Est-ce que ça va, chéri?

— Hein? Euh... Oui. Pourquoi?

— T’as l’air bizarre; on dirait que tu fixes le vide.

— Le vide? Ben... non. Je pensais à Raymond Queneau.

— Raymond Queneau? C’est qui, celui-là?

— C’est un écrivain-poète français; il a publié Exercices de style, chez Gallimard, en 1947.

— Exercices de style? De quoi ça parle?

— C’est assez simple. Un narrateur raconte que, dans un autobus bondé, il a assisté à une altercation entre deux passagers dont l’un, qui avait un grand cou et portait un chapeau avec une tresse en guise de ruban, avait accusé l’autre de le bousculer et s’était ensuite précipité sur une place libre. Le narrateur ajoute que plus tard, en passant devant une gare, il a revu le même type à qui un ami conseillait de faire déplacer un bouton de son manteau.

— C’est tout? C’est un peu platte, non?

— Raconté comme ça, c’est platte, en effet.

— Pourquoi t’aimes ça, alors?

— Parce que, dans son livre, Queneau a raconté cette histoire de quatre-vingt-dix-neuf façons différentes. Ça fait cent cinquante pages complètement folles, loufoques, saugrenues. Une sorte de tour de force littéraire.

— Si tu le dis... J’y pense tout d’un coup... 1947, c’est l’année de ma naissance... Il doit pas être jeune ton bonhomme.

— Il est mort il y a quarante ans : le 26 octobre 1976.

— C’est pour ça que tu penses à lui?

— C’est pour ça.

— Ouais... Ça te ressemble.

(Texte soumis par Jean-Claude Richard)

 

– Combien? 99?

– Oui! 99 fois la même histoire.

– C'est malade!

– Bien oui, 99 fois, mais chaque fois de façon différente. C'était des "exercices de style".

– Franchement, il faut avoir du temps à perdre ou il faut être un peu fou pour faire ça!

– Non, pas fou, plutôt génial et créatif! Ç'a été publié en 1947 chez Gallimard.

– Qui? Qui a écrit ça déjà ?

– Queneau. Raymond Queneau. Il est décédé il y a 40 ans. 

– Connais pas!

(Texte soumis par Marc Lebel)

 

Était-ce en 1947 et pleuvait-il cette année-là ?

-Pas encore né, je n’en sais rien. Mais j’ai entendu dire.

-L’anecdote se déroulait-elle dans l’autobus de la ligne B ou de la ligne T ?

-Celui de la ligne S, et l’autobus était vieux.

-Savez-vous s’il y avait beaucoup de passagers à bord ?

-Des floppées, paraît-il. Ils avaient tous de parapluies et les glaces étaient embuées.

-Qu’y avait-il de spécial dans cet autobus ?

-Un grand jeune homme au très long cou est monté, et son chapeau tressé frôlait le plafond.

-Outre cet aspect particulier, qu’est-ce qui était plutôt spécial ?

-Ce grand dégingandé était pieds nus et se plaignait de se faire régulièrement marcher sur les orteils.

-Est-ce tout ?

-Non, il n’a pas tardé à occuper un siège libre dans l’indifférence totale des autres passagers.

-Et puis ?

-On l’a aperçu quelques heures plus tard devant une gare.

-S’agissait-il de la gare de Lyon ?

-Non, il paraît que c’était devant la gare Saint-Lazare.

-Ah bon ! Et que faisait ce jeune homme, me disiez-vous ?

-Il conversait avec une personne qu’il semblait connaître.

-Comment en êtes-vous certain ?

-Parce que son interlocuteur lui suggérait fortement de remonter le bouton de son imperméable.

-Alors, il pleuvait ce jour-là ?

-Je n’en sais rien, vous dis-je. Je n’y étais pas.

(Texte soumis par Pierre-Émile Rocray)

 

Procès. Extrait du procès tenu entre le juge P et l'accusé Q.

- Accusé Q, dites votre nom et prénom.

-Queneau, Raymond, monsieur le juge.

-Quelle est votre profession?

- Poète et dramaturge, monsieur le juge.

- Où êtes-vous né?

- En France, monsieur le juge.

- De quoi vous accuse-t-on?

- D'avoir signé un livre de 150 pages, paru aux éditions Gallimard en 1947, monsieur le juge.

- Quel est le titre?

- Exercices de style, monsieur le juge.

- Que raconte ce livre?

- il raconte 99 fois différentes l'histoire d'un homme qui prend le bus, sur la ligne S, monsieur le juge.

-C'est tout?

- Non, monsieur le juge. Le personnage se bagarre avec son voisin, un homme au long cou.

- L'a-t-il blessé?

-Non, monsieur le juge. Deux heures plus tard, sur la même ligne, l'homme au long cou le voit et l'entend discuter de bouton avec un ami.

-Pour être passé inaperçu au Québec, je vous condamne à mourir le 25 octobre 1976.

(Texte soumis par Suzanne Pouliot)

 

Comédie
 

Acte premier Scène I 

(Nous sommes au Québec, dans un autobus. Il est midi. Un passager est assis et cherche quelque chose dans son porte-monnaie. Un type, debout en face de lui, se penche vers lui et place la lame d’un couteau sur le long cou du passager) 

Le Type. Donne-moi ton argent et tes cartes ou je te traverse le cou avec mon couteau ! 

Acte second Scène I (Changement de décor. Nous sommes dans un librairie. Il est 14h00. Le passager au long cou de la Scène 1 discute avec la caissière) 

Le passager. – Excusez-moi madame, je ne sais pas si vous connaissez ce magnifique livre publié chez Gallimard ?

La caissière. – Je n’en connais pas l’histoire. Tout ce que je sais c’est que l’auteur est décédé un 25 octobre, comme aujourd’hui, il y a 40 ans. Nous l’avons donc placé dans notre présentoir d’anniversaire ce matin.

Le passager. – Cet écrivain est un génie ! Il a écrit dans ce livre, la même histoire 99 fois, en changeant de style littéraire à chaque fois !

La caissière. – Intéressant (l’air surpris) ! 

Le passager. – (Sur un ton penaud) Il y a juste un problème…. En venant ici, je me suis fait voler le contenu de mon porte-monnaie à la pointe d’un couteau…Croyez-vous qu’il serait possible de me faire crédit ? Je promets de vous payer dès que j’aurai retrouvé mes papiers.

La caissière. – (Hésitante, elle le regarde de la tête au pied). Vous avez l’air d’un homme honnête, en plus d’être élégant, votre manteau est paré de boutons très fins. J’accepte de vous faire confiance. (Elle lui remet le livre entre ses mains).

(Texte soumis par Anne-Julie Hynes)

 

Apartés
 

Un jour, les lecteurs du Devoir ont appris qu’un certain Raymond Queneau a failli se donner une tendinite au poignet droit en écrivant 99 fois la même histoire. Il n’aimait pas le chiffre 100. 

Ne se préoccupant pas du comment du pourquoi, l’auteur se contente de tripoter une rencontre dans un autobus parisien. Cela aurait pu mal tourner.

Le petit bouquin  a pour titre EXERCICES DE STYLE au catalogue de l’éditeur Gallimard. Coup de coeur, excellent vendeur!

L’homme avait alors 44 ans, nous sommes en 1947, plus tard en 1976, il a eu l'étrange idée  de mourir. L'année passée il aurait eu 99 ans d'exercices dans le corps.

Apparemment, certains lecteurs du journal ont essayé de l’imiter sans vraiment bien y parvenir. Le talent ne s’invente pas.

(Texte soumis par Jean-Eudes Lavoie)

 

C’était en 1947. [Tiens, à peine deux ans après le Second Grand Cessez-le-feu mondial...] L’écrivain Raymond Queneau, alors âgé de 44 ans, publie un livre. L’idée du dramaturge est insolite [Gallimard aura eu du flair] : il relatera la même histoire 99 fois [100, c’eut été par trop convenu] en usant d’un style littéraire différent pour chacune des versions. L’intrigue, anodine, tient en quelques mots : une altercation a lieu entre deux hommes dans un autobus. [Je vous aurai prévenus.] Le récit comporte aussi des détails surprenants : on retrouvera le héros au long cou [je ne peux m’empêcher de l’imaginer prodigieusement long] ailleurs, deux heures après l’incident, alors qu’on lui parle du bouton de son manteau. [Je vous aurai prévenus (bis)]. Notre poète a fait école, [il fallait y penser : opposer banalité du fond et singularité de la forme] rendez-vous compte, il aura réussi le tour de force de saisir la banalité à bras-le-corps et de lui régler son affaire en pas moins de 150 pages ! Au Québec, toutefois, l’exploit de Queneau n’aura pas retenu l’attention outre mesure. [Peut-être parce que chez nous, en 1947, on s’adonnait, sans doute plus consciencieusement qu’ailleurs, à un tout autre exercice de style : on faisait dans la démographie, on jetait les bases du fameux baby-boom.] Mais en ce 25 octobre 2016, 40 ans après son départ, nous n’avons guère d’excuses d’ignorer son travail.

(Texte soumis par Danielle Tourville)

 

Paréchèse
 

Sur Queneau que des condisciples en DEVOIR servent en conserves — tels sûrs surs concombres à consommer comme condiments empotés en cornichons compressés —, lecteurs convoqués, complexés, serons-nous aussi consacrés ainsi comprimés ?

Gallimard et Queneau, deux Raymond coproduisant œuvres de style, le second s’y exerçant un jour en 1947 dans un bus encombré où un connard au long cou, confronté à un malotru, reconnut ce dernier sur place publique en train de se commettre avec un curieux comparse aux prises avec un bouton de veston ayant maille à partir. C’est ainsi que de fil en aiguille notre Raymond composa 99 fois cette histoire en 99 styles diversifiés, certes hors du commun.

Que Queneau meure à Paris le 25 octobre 1976, et que corniauds au Québec, cardinal et connétables de concert n’en eurent cure, qu’en conclure ? Qu’au DEVOIR, 40 ans plus tard, furent conscrits chroniqueurs et lecteurs à produire en partage autant d‘Exercices de style en mémoire.

(Texte soumis par Lévis Martin)

 

Fantomatique

 

 

Philosophique
 

Seule une grande philosophie peut présenter un au-delà du phénomène où, au lieu d'une essence incertaine, on découvre une quasi différence comme plan d'immanence de la répétition. Queneau, en développant la complétude de l'être qui lui est propre à 44 ans, montre que la répétition engendre la différence dès lors que le phénomène appartient à la banalité quotidienne. Il considère un même parcours réglé et répété 99 fois dans le même autobus sur la ligne S du système hégélien, en mettant phénoménologiquement entre parenthèses les embouteillages potentiels inhérents à une grande ville. Une question épistémologique se pose cependant : ce phénomène est-il seulement possible, dès lors que, en accord avec Héraclite, on sait que l'on ne monte jamais deux fois dans le même autobus ? La contradiction est patente et enracinée dans l'être. Le coup de génie de Queneau résout la contradiction : par sa complétude, l'être étant multivoque, il se dit de multiples façons - ici il s'oppose d'ailleurs à Hegel qui a toujours prétendu que forme et contenu étaient liés de manière indissoluble -c'est-à-dire selon des styles différents, et Queneau prend la peine d'élaborer en 150 pages 99 figures de styles appropriées au récit du parcours d'un type au cou étiré à force de penser et qui échappe alors à la nausée en prenant l'autobus où il est bousculé et où il perd un bouton, quelque chose comme une expérience transcendantale qu'il nous fait passer sous le manteau. C'est pourquoi en 1947, Gallimard laisse pénétrer cet autobus multiforme dans sa collection.

Queneau meurt en 1976, la même année que Heidegger auquel il a toujours voulu se mesurer.

(Texte soumis par hzenon)

 

C’est en ce dimanche pluvieux que je rencontrai un homme dépressif au cou penché, dans un bus monotone. Le triste homme pleura plusieurs larmes avec un autre voyageur, puis alla s’asseoir sur une place sombre et libre. Quelques autres minutes pénibles, et le même homme solitaire lui conseille de baisser sa tuque pour cacher ses larmes.

(Texte soumis par Anthony Gratton)

 

Apostrophe

 

Maladroit

 

Désinvolte
 

Comme ça, mine de rien, si ça adonne...on pourrait peut-être souligner, mais sans trop appuyer...ou juste par un trait très fin, un livre parmi tant d'autres sur une histoire qui ne ressemble à rien.

Raymond Queneau, avec ses "99 styles littéraires", dont l'un pourrait ressembler au vôtre, ou de loin, au mien, on pourrait en faire une fête qui a du style et qui coûterait trois fois rien.

(Texte soumis par Lucie Chimienti)

 

99 fois sur le métier remettez votre Ou Li Po. Si vous avez encore chaud, 40 ans après votre mort, deboutonez votre manteau et la postérité verra votre chemise défraîchie; sinon, essayez la fermeture éclair.

(Texte soumis Alina Dumitrescu)

 

Partial


 

Sonnet
 

Il y a quarante ans, le monde littéraire

Dans la France d'alors, pleurait Raymond Queneau

L'écrivain qui si bien occupa ce créneau

De ne jamais à la contrainte se soustraire.

 

C'est en quarante-sept qu'on vit chez le libraire

Un bouquin mitonné sur son fécond fourneau :

Quatre-vingt dix-neuf fois il brossa le panneau

D'une scène vue au cours d'un itinéraire.

 

Tous les styles sont là : " Litotes ", " Précisions",

" Maladroit ", " Ampoulé". Suivant sa décision,

Le grand Raymond Queneau interrogea la langue.

 

Et voyez le bijou, fruit d'un esprit brillant

-Et traduit par plus d'un (quel travail fourmillant !)-

Qu'en polissant les mots, il sortit de sa gangue.

(Texte soumis par Françoise Guichard)

 

Queneau est son nom, Raymond est son prénom.

En quarante-sept, le dramaturge et poète

Ecrit une histoire qui oblige l'esthète

Gallimard à signer. Ainsi fit son renom.

 

Les cent cinquante pages varient sur le ton.

C'est l'’histoire d’un mec dans l’autobus : sa tête…

Porte un chapeau, un long cou. L’autobus s’arrête ?

On bouscule, la place pose question !

 

Deux heures après, voilà. Fini la dispute !

Ce bouton de manteau sur lequel on discute !

L’histoire quatre- vingt dix- neuf  fois,  tu y crois !

 

Quatre-vingt-  dix-neuf fois, Queneau, drôle, raconte,

Séduisant la Francophonie, le même conte.

Soixante- seize ! Mort- pour la première fois,

(Texte soumis par Christian Merle)

 

Qui pourrait oublier la simpliste et commune

Histoire que Queneau, dans son livre fameux

Raconta plusieurs fois, en maintenant son vœu

D'en varier le style au moins cent fois moins une?

 

Ce gars dans l'autobus, outré que sur ses pieds

Un voisin ait marché, le tance vertement.

Plus tard on le revoit se faire bizarrement

Parler par un ami d'un bouton mal placé.

 

Ridicule! Et pourtant, depuis sa parution

(Dix-neuf cent quarante-sept), son livre est un succès.

Peut-être qu'au Québec ce fut un peu plus long.

 

Ça semblait réservé aux cercles d'initiés.

Mort il y a quarante ans, Queneau se réjouirait

Qu'enfin, grâce au Devoir, son nom soit célébré.

(Texte soumis par Denis Lalonde)

 

En l’an quarante-sept, c’est au siècle dernier,

Un brillant écrivain relève le défi

D’offrir à ses lecteurs un singulier récit,

En quatre-vingt-dix-neuf variantes, décliné.

 

L’histoire met en scène un jeune homme au long cou

Qui, dans l’autobus S, trouve une place assise,

Pour fuir un voyageur suspect de balourdise

Dont il avait raison de craindre le courroux.

 

Quelques heures plus tard, en un tout autre lieu,

Le girafeau cause bouton et pardessus.

Ce livre fit école, ici et sous maints cieux.

 

Mais l’auteur est mortel. En un style, une fois,

Il y a quarante ans, porté en terre il fut.

On célèbre aujourd’hui son œuvre en plusieurs voix.

(Texte soumis par Paul A. Morin)

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