Le Man Booker Prize est décerné à Paul Beatty

L’écrivain américain Paul Beatty
Photo: Alastair Grant Associated Press L’écrivain américain Paul Beatty

Il l’avait dit : son bouquin, The Sellout, les lecteurs vont le trouver « dur à digérer ». Or, cela n’a pas été le cas chez les membres du jury qui, mardi, a décerné à Paul Beatty le prestigieux Man Booker Prize pour son oeuvre satirique qui, tout en suivant la relation du narrateur avec un père mort, explore les contradictions et les travers raciaux de l’Amérique d’aujourd’hui. La marque de reconnaissance s’accompagne même d’un éloge, le jury place Beatty aux côtés de Mark Twain et de Jonathan Swift.

À 54 ans, le romancier afro-américain né à Los Angeles, poète à l’antenne de MTV pendant des années, auteur de Hokum : An Anthology of African-American Humor, est le premier Américain à remporter ce prix littéraire qui célèbre depuis sa création en 1968 les lettres assemblées au sein du Commonwealth. Depuis trois ans toutefois, l’ensemble des fictions en anglais peut trouver leur chemin vers lui.

Finalistes

Paul Beatty était dans la course aux côtés de la Montréalaise Madeleine Thien et son Do Not Say We Have Nothing qui, lundi, a été primé dans le cadre des Prix littéraires du Gouverneur général du Canada. L’an dernier, le Man Booker Prize a été remis au Jamaïcain Marlon James pour A brief History of Seven Killings. Yann Martel est le dernier Canadien à avoir décroché cet honneur. C’était en 2002 pour Life of Pi, deux ans après Margaret Atwood, en 2000, pour The Blind Assassin.

The Sellout de Paul Beatty a été choisi parmi 155 bouquins auscultés dans les 10 derniers mois par le jury du Man Booker. L’auteur repart avec une bourse de 80 000 dollars.