Fortier, Mouawad et de Bellefeuille honorés

«Au péril de la mer» (Alto), de Dominique Fortier, vient d’être nommé « crème de la production littéraire de l’année » par les Prix Livres du Gouverneur général.
Photo: Annik MH De Carufel le Devoir «Au péril de la mer» (Alto), de Dominique Fortier, vient d’être nommé « crème de la production littéraire de l’année » par les Prix Livres du Gouverneur général.

De l’esprit d’un lieu à un lieu de reconnaissance. Au péril de la mer (Alto) de Dominique Fortier, oeuvre mi-biographique, mi-fictionnelle prenant le Mont-Saint-Michel comme décor d’une introspection, vient d’être nommé « crème de la production littéraire de l’année » par les Prix Livres du Gouverneur général (GG), cuvée 2016, dans la catégorie « Romans et nouvelles ». Les noms des gagnants de cette prestigieuse reconnaissance nationale sont dévoilés ce mardi.

La romancière côtoie, dans cette liste, le poète Normand de Bellefeuille, pour Le poème est une maison de bord de mer (Les Éditions du Noroît), gagnant de la catégorie poésie, Wajdi Mouawad pour Inflammation du verbe vivre (Leméac Éditeur/Actes Sud) pour le théâtre ainsi que Roland Viau, auteur de l’essai Amerindia : essais d’ethnohistoire autochtone (Les Presses de l’Université de Montréal).

Hommage au Mont-Saint-Michel

« Au péril de la mer est un hommage au Mont-Saint-Michel, lieu d’asile pour les livres et les hommes, sur lequel se découpe la figure du peintre amoureux de son modèle, a indiqué le jury au terme de sa délibération. Dominique Fortier se livre à un travail d’orfèvre au carrefour des savoirs et à une réflexion sur l’art de différentes époques, du XVe siècle jusqu’à notre modernité. »

La remise de ces distinctions marque également le 80e anniversaire des Prix littéraires du Gouverneur général, les plus anciens prix littéraires canadiens, qui cette année vont distribuer des bourses totalisant 450 000 $. Pour Simon Brault, directeur du Conseil des arts du Canada, organisme qui depuis 1959 gère la remise de ces reconnaissances, les gagnants de cette année livrent des oeuvres « excellentes, irrésistibles et remplies de promesse de bonheur de lecture » en conviant « à célébrer le pouvoir essentiel de la littérature pour interroger ce que nous sommes et ce que nous pourrions être », a-t-il indiqué par voie de communiqué.

Livre « magistral »

Le jury de ces prix littéraires a par ailleurs qualifié le livre de Normand de Bellefeuille de « magistral » et relevant d’une « expérience qui engage tout l’être dans ses non-dits les plus profonds », mais il a également souligné la présence d’une langue qui « émerveille autant qu’elle bouleverse » dans l’oeuvre « émouvante et percutante » de Wajdi Mouawad.

Les Prix Livres du GG saluent également la qualité du travail de François Gilbert, gagnant dans la catégorie Littérature jeunesse (texte) pour son Hare Krishna (Leméac Éditeur) ainsi que celle de Stéphanie Lapointe et Rogé pour Grand-père et la Lune (Les Éditions XYZ) dans la catégorie Jeunesse livres illustrés.

Du côté anglophone, la romancière montréalaise Madeleine Thien (Do Not Say We Have Nothing), le poète ontarien Steven Heighton (The Waking Comes Late) et la dramaturge torontoise Colleen Murphy (Pig Girl) ont également été gratifiés d’un de ces prix littéraires.

1 commentaire
  • Donald Kellough - Abonné 25 octobre 2016 12 h 03

    Et les traducteurs??!!

    Comme l'auteur de cet article n'a cru bon de les mentionner, voici les gagnants des prix GG dans la catégorie de la traduction:


    Catherine Ego: La destruction des Indiens des Plaines : maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone (traduction de Clearing the Plains: Disease, Politics of Starvation, and the Loss of Aboriginal Life, par James Daschuk).

    Lazer Lederhendler: The Party Wall (traduction de Le mur mitoyen, par Catherine Leroux).