Police, Hugo Boris

Policière. Elle ne travaille pas dans la dentelle. Virginie enchaîne des missions urbaines. Intervention de prison. Expulsion. Suicide. Sadique. Incendié. Traite humaine. Elle gère les ordres. À côté, l’urgence de l’hôpital a l’air d’un salon. Le roman se balade avec l’auto de patrouille. Les conversations fusent au ras du bitume, entre bordées d’insultes, machisme, offenses et chienneries variées. Ça décape la politesse et les belles façons. Virginie n’a guère de vie personnelle, mais elle pense souvent à ce qu’elle fait. Désensibilisée, elle n’est pas mithridatisée. Peu à peu, les équipes s’individualisent, les forces de l’ordre s’humanisent pour ce qu’elles sont, en France, pas au Tadjikistan. Lui, l’expulsé tadjik, avec cette police française, il ne pige pas. Virginie a des journées dures, et ce roman, retournant l’esprit du polar, éclaire une tranche de réalité quotidienne pas badigeonnée de blanc. Le titre est imprimé sur la couverture à l’envers, esprit du temps, témoignage social marqué de durcissement.

Police

Hugo Boris, Grasset, Paris, 2016, 189 pages