Les Canadiens à l’honneur à Mantoue

Samedi soir, Dany Laferrière sera interviewé par Charlotte Rampling sur le thème des « Canadiens errants ».
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Samedi soir, Dany Laferrière sera interviewé par Charlotte Rampling sur le thème des « Canadiens errants ».

Au festival de littérature de Mantoue, dans le nord de l’Italie, la littérature est dans toutes les vitrines et sur toutes les lèvres, et on trouve une librairie à chaque coin de rue.

Et cette année, pour la 20e édition de l’événement, le plus gros festival littéraire d’Italie, ce sont les auteurs canadiens qui y sont à l’honneur. La direction du festival Metropolis bleu y accompagne en effet une délégation de cinq écrivains canadiens, Dany Laferrière, Jane Urquhart, Allan Stratton, Allan Bradley et Frances Greenslade.

« Chaque année, il y a un pays qui est davantage représenté. Il y a eu Israël, l’Espagne, Cuba. Cette année, c’est le Canada », explique Paolo Polettini, l’un des fondateurs de l’événement.

Le festival de littérature de Mantoue, Mantova en italien, est né de l’initiative de huit citoyens amoureux de leur ville. « Nous nous sommes inspirés du festival de Hay-on-Wye, en Grande-Bretagne, poursuit M. Polettini. Il n’y avait pas d’équivalent en Italie. »

Secret bien gardé

Depuis chaque année, la ville de Mantoue, un secret bien gardé du nord de l’Italie, prête ses agréables piazzas, ses palais et ses églises aux voix d’écrivains du monde entier. Dans sa pièce Hamlet, Shakespeare met en scène le meurtre du roi Gonzague, l’un des descendants de la famille qui a érigé la ville. On dit que la famille a mis quatre générations pour ériger son palais, un édifice de 500 pièces où l’on pouvait accueillir cinq rois avec leur cour…

Samedi soir, c’est Dany Laferrière, interviewé par Charlotte Rampling, sur le thème « les Canadiens errants », qui tient l’affiche au Palais ducal de Mantoue.
 

Photo: La Presse canadienne Jane Urquhart fait partie de la délégation canadienne à Mantoue.

La délégation internationale d’écrivains accueillie durant les cinq jours du festival est impressionnante, et il est impossible de la décrire en entier. Mentionnons l’écrivaine irlandaise Edna O’Brien, qui a contesté l’ordre moral et familial de l’Irlande catholique en écrivant sur la sexualité des femmes, Lydie Salvayre, Jonathan Coe, Olivier Rolin, ou encore l’écrivain sud-coréen Jung-Myung Lee, qui signe des romans historiques, dont plusieurs ont été adaptés pour la télévision.

La moitié d’Italiens

« Environ 50 % des quelque 200 auteurs représentés sont italiens », dit M. Polettini. Durant plusieurs soirs, l’écrivain italien Alessandro Barrico donnera une lecture mise en scène au Teatro sociale de Mantoue. Erri de Luca, qui était récemment l’invité de Metropolis Bleu à Montréal, est aussi au programme, comme Stefano Benni, qui manie la satire sociale. M. Benni a refusé en 2015 le prix Vittorio de Sica pour protester contre les coupes des budgets consacrés à la culture en Italie. Or, la ville de Mantoue, patrie du poète Virgile, a été nommée capitale italienne de la culture pour l’année 2016. Cette élection, peut on lire sur le site de la Ville, vise « également la mise en oeuvre de nouvelles politiques culturelles épousant tradition et innovation pour une nouvelle Renaissance ».

Relève

En collaboration avec le festival Hay-on-Wye et le festival de Berlin, le festival de Mantoue offre une vitrine à la relève littéraire. De jeunes auteurs italiens, anglais et allemands, qui ont un premier roman qui n’est pas encore publié, y sont invités à tenir des lectures publiques. « Nous avons aussi accueilli de jeunes écrivains polonais ou espagnols », dit M. Polettini.

Comme tous les ans, c’est une armée de bénévoles qui tient le festival à bout de bras. Quelque 800 personnes, des étudiants aux retraités, accueillent les auteurs selon les règles du savoir-vivre italien, avec chaleur et raffinement.

Le Festival reçoit également quelque 200 autres artistes, musiciens ou chanteurs qui animent l’événement.

Notre journaliste est l’invitée du Festival littéraire international Metropolis Bleu.

1 commentaire
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 8 septembre 2016 11 h 51

    Vive les écrivains de tous les pays.

    Vive aussi Stéfano Benni qui critique les coupes italiennes dans le budget alloué a la culture,comme on coupe ici et ailleurs.Combien de livres pouvons-nous se procurer avec le montant dépensé pour assister a une fin de semaine de la FI ?Et en plus avec les subventions gouvernementales.Peuvent-ils y réfléchir une minute ? Non,money talks.