La Conférence de Québec de 1864, sous la direction d’Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Guy Laforest

Une Constitution qui s’amende aisément, des sénateurs élus et des gouvernements de coalition. C’est à tout cela que les pères de la Confédération ont renoncé en fondant le Canada il y aura bientôt 150 ans. À moins d’un an des commémorations, un collectif d’auteurs nous ouvre les portes de la Conférence de Québec de 1864, où les bases du pays ont été jetées à l’abri des regards. Consulter le peuple par voie référendaire n’était pas une option pour les politiciens pressés d’en finir avec le régime né de l’union du Haut et du Bas-Canada. Cette entité avait pourtant ses avantages, souligne Marc Chevrier en évoquant l’exécutif paritaire du Canada-Uni, qu’il compare à une forme de « souveraineté-association ». Dans un texte éclairant, Stéphane Kelly analyse la fracture entre le Haut-Québec conservateur favorable à la Confédération et le Bas-Québec républicain qui lui est opposé. Au-delà des « Rouges » radicaux, le camp du « non » rallie également des « Violets » centristes et quelques « Bleus », dont Henri-Elzéar Taschereau, qui anticipe les déceptions à venir: «Nos descendants, au lieu de nous avoir de la reconnaissance pour ce que nous faisons en ce moment, diront que nous nous sommes grandement trompés et que nous avons grandement erré en leur imposant la confédération.»

La Conférence de Québec de 1864

Sous la direction d’Eugénie Brouillet, Alain-G. Gagnon et Guy Laforest, Presses de l’Université Laval, Québec, 2016, 374 pages

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