L’autre Joseph, Kathévane Davrichewy

Staline est né en Géorgie, en 1878. L’arrière-grand-père de Kathévane Davrichewy lui ressemblait comme deux gouttes d’eau. Ils grandissaient à quelques rues d’écart, et on disait que la mère de l’un avait eu une liaison avec le père de l’autre. Deux bouillants caractères, têtes dures aux rêves opposés, au même prénom : l’un bandit, devenant nationaliste géorgien, l’autre révolutionnaire bolchevique. L’un en prison, l’autre en Sibérie, bientôt rivaux aux bras armés, dans des camps opposés. La romancière évoque cette histoire familiale, colportée par les siens. Les hommes y sont taiseux, mais aussi hommes d’action et capables d’humour, et la mémoire de Staline y est vive. Elle trace aussi un tableau d’époque, puisant dans le récit de son père, sur le même sujet, publié en 1979 ; elle mesure toutefois ce qui en a basculé entre les générations, un regard géorgien, un sens de l’histoire et du destin.

L’autre Joseph

Kathévane Davrichewy, Sabine Wespieser, Paris, 2016, 278 pages