Ma vie, côté père, Michel Contat

Michel Contat est l’éditeur de Sartre. Avec Arlette Elkaïm-Sartre, il est un exécutant testamentaire de ses écrits. Il lui a consacré tant d’ouvrages qu’on méconnaît cet amateur de contre-culture américaine, aussi critique de jazz. Comment devient-on qui on est ? Sartre y a répondu, et Contat le suit, en répondant pour lui-même à la question sartrienne. Ce sont les personnages des romans de Sartre, dit-il, qui ont le plus éclairé sa propre vie. Or la famille vaudoise des Contat est remplie d’étranges personnages. Sartre avait des rapports compliqués avec Freud, mais, selon Contat, il a cherché à fonder ses théories en philosophie. Cela a donné les grandes biographies de Flaubert et de Genet. Contat, lui, en retient l’esprit de contestation, ce que la vie lui a réservé hors de l’institution universitaire, côtoyée par le biais du CNRS en toute indépendance. Contat relit Sartre souvent. Modeste, lorsqu’il en parle, jamais pontifiant, il garde en racontant une distance de conscience, pour laisser passer les forces idéologiques structurant la philosophie sartrienne du présent. Aussi Contat raconte-t-il avec amusement ses relations avec son père, difficile à aimer par ses inconséquences. Ce récit est dédié à son fils. Qui est né en Suisse et ne s’y est pas établi n’ayant pas l’esprit d’un banquier, mais le projet d’un homme de mémoire et de fidélité.

Ma vie, côté père

Michel Contat Christian Bourgois Paris, 2016, 120 pages