Lomer Gouin, entre libéralisme et nationalisme, Mathieu Pontbriand

Lomer Gouin aurait pu devenir le premier ministre de « l’Instruction publique ». Son engagement pour une laïcisation du système scolaire s’est toutefois émoussé au contact du pouvoir qu’il a exercé sur le Québec entre 1905 et 1920. Cette longévité politique n’a pas empêché le gendre d’Honoré Mercier de sombrer dans l’oubli. Avec son essai Lomer Gouin, entre libéralisme et nationalisme, le chercheur Mathieu Pontbriand propose une rare analyse de la pensée de l’héritier autoproclamé des idéaux patriotes de 1837. La modeste plaquette rappelle le combat tranquille du chef libéral pour hisser les francophones du plancher des usines vers les bureaux de direction par la création des écoles techniques. Son legs le plus tangible demeure toutefois l’acquisition de l’Ungava, qui a doublé la superficie du territoire québécois. « La province de Québec ne sera jamais assez grande, jamais trop grande », s’exclame alors Gouin en annonçant un prototype du « Plan Nord ». Un siècle plus tard, on attend toujours la ruée vers ce mythique Klondike québécois.

Lomer Gouin, entre libéralisme et nationalisme

Mathieu Pontbriand, Presses de l’Université Laval, Québec, 2016, 134 pages

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