Les émeutes raciales de Chicago, Carl Sandburg

Chicago brûle. Nous sommes à l’été 1919 sur une plage du lac Michigan réservée aux Blancs. Eugene Williams, un jeune noir, se noie en tentant d’échapper aux pierres lancées par des adolescents. L’étincelle déclenche un déferlement de haine raciale qui fera 38 morts et 500 blessés en plus d’entraîner la destruction d’une partie du ghetto noir de la ville des vents, le Black Belt. Après une douzaine de jours d’affrontements, la crise se résorbe avec la pluie et le déploiement de l’armée. Le journaliste blanc Carl Sandburg, du Chicago Daily News, est au coeur de la tempête. Il publiera un recueil de ses chroniques que l’on vient enfin de traduire en français. Socialiste engagé, l’auteur survole le déroulement de ces journées sanglantes pour remonter aux sources de la colère des Noirs. À la lecture de son récit, on ne peut s’empêcher de penser à la récente crise de Ferguson, au Missouri. L’historien Christophe Granger rappelle d’ailleurs en préface que les émeutes raciales américaines n’ont rien de passager. « Elles sont au contraire l’arête vive d’un monde d’inégalité, de misère et de violences savamment organisé. »

Les émeutes raciales de Chicago

Carl Sandburg, Anamosa, Paris, 2016, 229 pages