Chérir Port-au-Prince, Valérie Marin La Meslée

Le livre s’ouvre sur une citation de St-John Perse : « Seule l’inertie est menaçante. » Valérie Marin La Meslée, journaliste et critique littéraire à l’hebdomadaire Le Point, particulièrement intéressée par les littératures africaines et caribéennes, a pris le parti de privilégier dans son livre sur Port-au-Prince la créative la ville des artistes et des écrivains qui persistent dans cette « folie » de produire malgré les conditions les plus défavorables, selon le cinéaste Arnold Antonin. Mais cette folie est aussi le meilleur gage de survie et la meilleure forme de résistance au malheur. La journaliste avoue avoir éprouvé un choc lors de son premier « round avec le réel » au moment où elle arrive pour la première fois à Port-au-Prince en 2007 et aperçoit ses « eaux stagnantes truffées d’immondices ». Elle ne tarde pas à découvrir l’autre visage de la ville et le lecteur de l’accompagner dans ses explorations. « Sous Duvalier, selon James Noël, on savait d’où venait le danger. Aujourd’hui, dans le chaos, on ne sait pas. » Et pourtant, la ville est aussi un monde de beauté qui surgit aux moments les plus inattendus, un monde que Marin La Meslée nous fait découvrir à travers un journal de bord fascinant.

Chérir Port-au-Prince

Valérie Marin La Meslée, Mémoire d’encrier, Montréal, 2016, 204 pages