Les passants de Lisbonne, Philippe Besson

On ne présente plus Philippe Besson, auteur depuis 2001 d’une quinzaine de romans à saveur de scénario cinématographique. Tous les romans de Besson sont des films en puissance. Il aime les images, l’écriture elliptique des polars, l’émotion crue. Il crée intensément, prompt à découvrir l’histoire en écrivant, en même temps que vous la lisez. Les passants de Lisbonne entraîne le lecteur dans la ville de Pessoa. Simple, efficace, silhouettes croquées, Besson a le tour bien en main, les contrastes, la nervosité, l’attente avec ce qu’il faut d’angoisse ou de malaise, la déflagration. Ici le thème de la perte, présent chez les deux héros du roman, fait écho à la saudade fameuse de la mélancolie portugaise. Besson adore écrire. Il déambule bien dans la ville, adopte ses personnages de l’intérieur, leur histoire d’amour. C’est ce qui donne sa force à leur rencontre et ce frisson du plaisir à lire un roman divertissant.

Les passants de Lisbonne

Philippe Besson, Juillard, Paris, 2016, 192 pages