Humour et politique, de la connivence à la désillusion, sous la direction de Julie Dufort et Lawrence Olivier

Bon an mal an, l'humour draine le tiers des entrées dans les salles de spectacle québécoises, sans compter son temps d’antenne à la télévision. Mais savons-nous toujours pourquoi nous rions dans une société en perpétuel carnaval ? Dans cet ouvrage, on tente de répondre à cette question dans un essai pince-sans-rire sur la place de la politique en humour. Leur collectif est à l’image des spectacles de variétés, allant des blagues bon enfant d’un Gratien Gélinas à la satire de Stephen Colbert, en passant par les réflexions du philosophe Jean-François Lyotard. L’analyse des Fridolinades de Gélinas par l’historien Robert Aird se démarque du lot. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le personnage de Fridolin, ce gamin armé d’un lance-pierres, a attiré plus de 300 000 spectateurs. Le pionnier de l’humour québécois a propagé un discours pacifiste et antipropagandiste sans toutefois remettre directement en cause la participation du Canada au conflit. « On n’y retrouve aucun appel à la révolte et à la contestation, écrit Aird, si ce n’est de manière ludique et carnavalesque. » En cela, Fridolin était profondément Québécois.

Humour et politique

Sous la direction de Julie Dufort et Lawrence Olivier, Presses de l’Université Laval, Québec, 2016, 301 pages

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