La parodie dans la bande dessinée, Pierre Huard

Ce n’est pas parce que c’est comique que c’est léger. La bande dessinée parodique issue du corpus franco-belge depuis les années 1980 est bien plus exigeante qu’elle n’en a l’air, s’adressant même à un « lecteur intelligent », un « lecteur spécialisé », sinon un lecteur idéal, capable de saisir les ressorts comiques d’oeuvres se nourrissant des codes formels du 9e art pour mieux leur faire la peau. C’est, en tout cas, ce qu’avance Pierre Huard, dans cet essai académique sur les mutations de la parodie en bande dessinée, de l’après-guerre à l’aube du second millénaire. L’enquête, qui invite dans ses pages Lucky Luke, Spirou, tout comme Gotlib, Margerin, Tardi, Uderzo et compagnie, est publiée à titre posthume près de six ans après la mort prématurée du jeune théoricien de la bande dessinée qui enseignait à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle pose tout un pan de ce 9e art comique en « rite social » dont le regard critique agit autant sur les cadres de la bédé que sur le « vivre-ensemble » de son époque, et ce, en déjouant les préjugés sur un genre littéraire, un médium disent certains, dont la complexité est ici plus qu’évidente.

La parodie dans la bande dessinée franco-belge

Pierre Huard PUQ Montréal, 2016, 272 pages

Critique ou esthétique ?

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