Bienvenue à Meurtreville, André Marois

Le développement régional, ça peut se faire de plusieurs façons, mais personne jusqu’ici n’avait pensé à mettre en scène une série de meurtres pour sortir une petite ville du marasme. C’est ce qui se passe à Mandeville, petite localité de Lanaudière fréquentée surtout par les chasseurs, les pêcheurs et les randonneurs. Tout commence par un accident, ou presque, alors qu’un homme en train de voler la récolte d’un champ de pot en pleine nuit tombe sur son sécateur et se tranche la carotide. Quelques jours plus tard, c’est un voyou notoire qui se fait trancher la gorge. Plein de curieux se pointent de partout pour saisir l’atmosphère de « Meurtreville » qui, du coup, redevient prospère. Bingo. Jusqu’à ce que le meurtrier ait trucidé tous ceux qui auraient pu le reconnaître. Rideau. Le moins que l’on puisse dire (ou le plus peut-être), c’est que tout cela est de fort mauvais goût. Écrite sans une once d’humour, racontée un peu bêtement, de façon minimaliste comme si l’on parlait d’un plan de développement quinquennal, cette histoire d’André Marois vole vraiment très bas sans même que l’on y rencontre le soupçon d’un seul vrai personnage. Récit platement narratif, sans style, on se demande ce que fait un pareil titre dans une collection qui démarre à peine. Une sorte de mauvais rêve…

Bienvenue à Meurtreville

André Marois Héliotrope/Noir Montréal, 2016, 184 pages

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