Veracruz, Olivier Rolin

Si vous aimez Olivier Rolin, vous aimerez Veracruz, qui nous ramène l’expérience du grand voyageur, avec un style différent. Autant il est délié d’ordinaire, autant on a affaire dans ce livre très travaillé à quatre nouvelles emboîtées en jeux de miroir. Baroque, assurément. Tordue, la réalité. Susanna, mariée, est convoitée par plusieurs hommes. Lequel gardera-t-elle, qui sera liquidé ? Il fait chaud, Susanna se pavane et rêve de les cravacher. Tandis que chacun déploie ses stratégies de séduction, Dariana reconstitue ce qui semble s’être passé. On épluche les passions dans les journaux de Susanna, Miller, El Grieco le père… tout est ici raffiné, même l’abjection. Du grand art dans ce tableau chargé de sexe, de spectacle, de fards et de dards. Du très grand art, cet exotisme fantasmé, qui place l’écrivain en narrateur invité au Brésil, amoureux transi de Dariana, qui se serait confiée…

Veracruz

Olivier Rolin Verdier Paris, 2016, 121 pages