Les Éditions du Boréal défendent leur intégrité

Jack Kerouac, par Tom Palumbo, vers 1956
Photo: Wikipedia Jack Kerouac, par Tom Palumbo, vers 1956

Les Éditions du Boréal ont balayé du revers de la main les doléances de l’écrivain Gabriel Anctil au sujet de la toute récente publication des inédits francophones de Jack Kerouac rassemblés par la maison d’édition sous le titre de La vie est d’hommage. Vertement critiquée par l’auteur québécois dans une lettre publiée dans Le Devoir cette fin de semaine, la maison d’édition a répliqué samedi sur sa page Facebook dans un texte intitulé « Kerouac au Boréal : La vraie histoire ».

« Gabriel Anctil n’a qu’une vision partielle et partiale de l’histoire de la publication des écrits français de Jack Kerouac, peut-on lire. Sa lettre ouverte qui met en doute l’intégrité du Boréal n’est que le reflet d’un ego froissé. » L’éditeur poursuit en soulignant que « la vraie histoire est qu’Anctil n’a pas découvert les textes français de Kerouac », comme il le prétend.

Dans sa lettre, Gabriel Anctil déplorait que « son travail acharné » et « son implication des dix dernières années » — et celle « de dizaines d’amoureux du joual de Kerouac éparpillés sur le continent » — pour faire découvrir au public les écrits francophones du célèbre romancier soient si peu soulignés dans la préface de l’ouvrage publié ces jours-ci par Boréal.

Découverte contestée

La réponse publiée samedi par Boréal, bien que critiquée sur les réseaux sociaux, a toutefois trouvé un écho dans celle de Deni Béchard, écrivain et journaliste franco-américain. Dans une lettre envoyée au Devoir dimanche en fin de journée, l’auteur écrit que « presque tout ce que M. Anctil affirme dans [sa] lettre [publiée le 9 avril] est faux, surtout le fait qu’il ait découvert les deux romans de Kerouac La nuit est ma femme, en 2007, et Sur le chemin, en 2008 ».

Il ajoute que « d’affirmer, comme le fait M. Anctil dans sa lettre, que la “véritable histoire des manuscrits francophones de Kerouac débute le 5 septembre 2007” relève non seulement d’un solipsisme étonnant, mais reflète aussi un manque de recherche flagrant » puisqu’un certain nombre de publications antérieures faisaient déjà mention des fameux textes.

M. Béchard précise d’ailleurs qu’il est celui qui a suggéré, en 2014, à John Sampas, responsable de la succession de Kerouac, que Jean-Christophe Cloutier se charge de l’édition des écrits français. M. Béchard avait d’abord lui-même été pressenti pour s’occuper de l’imposant travail d’édition des oeuvres francophones de Kerouac. Boréal ne serait donc arrivée que plus tard dans l’équation, contrairement à ce qu’affirme M. Anctil.

« Ce débat est bien triste, conclut M. Béchard. Alors même que les romans francophones de Kerouac sont finalement publiés et que nous devrions tous célébrer ces écritures importantes pour l’histoire des Québécois et des francophones en Amérique du Nord ».