Coeur de lapin, Annette Wieners

Gesine Gordes est atterrée : son fils de deux ans, Philippe, vient de s’empoisonner en mangeant les petits fruits d’une plante toxique du jardin alors qu’elle était au travail. Sa mort la plonge dans un état qui frôle la folie. Gesine s’abandonne à sa douleur et elle perd tout : son mari, son travail d’inspecteur à la Brigade criminelle, sa maison, sa famille. Bref, sa vie… Dix ans plus tard, on la retrouve jardinière dans un cimetière lorsqu’elle se rend compte que les couronnes de fleurs qu’elle prépare pour un enterrement sont destinées à sa soeur Marieke — qu’elle tient toujours responsable de la mort de son fils — assassinée de façon brutale. La plupart des personnages sont crédibles, bien définis, mais c’est d’abord celui de Gesine qui s’impose. Dès les premières pages, on sent le désarroi profond et la fragilité de l’ex-policière. Pourtant, c’est un premier roman pour Annette Wieners, jusque-là scénariste pour la télé allemande. Après un tel coup d’essai, on ne pourra que suivre avec intérêt tout ce qu’elle publiera ensuite.

Coeur de lapin

Annette Wieners, traduit de l’allemand par Lucie Roignant, Robert Laffont, Paris, 2016, 338 pages