Leçon inaugurale d’Alain Mabanckou au Collège de France

L’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou faisait salle comble jeudi soir au Collège de France au début de sa leçon inaugurale, la première d’un romancier sur la Chaire annuelle de « création artistique ».

Alain Mabanckou, veste bleu pétrole, chemise blanche et noeud papillon, a fait son entrée dans une salle comble du Collège de France, haut lieu de la culture savante dans le Quartier latin à Paris.

Faute de places dans l’auditorium, le public était dirigé vers d’autres salles d’où il pouvait suivre sur écran la leçon intitulée « Penser et écrire l’Afrique noire ».

« Ce qui est historique, c’est la rencontre d’un savoir faire africain avec une réflexion, une intelligence française », a dit l’écrivain haïtien et québécois Dany Laferrière, « ravi » d’assister à la conférence.

La leçon d’Alain Mabanckou, 50 ans, intervient le jour de l’ouverture du Salon du livre de Paris où deux villes congolaises, Brazzaville et Pointe-Noire, sa ville natale, sont invitées d’honneur.

Très critique vis-à-vis du régime congolais, Alain Mabanckou n’a pas caché son hostilité au changement de Constitution qui a permis au président, Denis Sassou-Nguesso, de se présenter pour un troisième mandat (l’élection a lieu dimanche).

Mercredi, l’auteur de Petit piment (Seuil) avait qualifié le ministre congolais de la Culture de « ministre de l’Inculture ». « Je sais que j’ai piqué une colère et qu’il paraît que le ministre de la Culture du Congo est en train de s’exciter, de trembloter quelque part », a-t-il commenté jeudi matin sur France Inter.

Pourtant, a souligné le lauréat du prix Renaudot en 2006 pour Mémoires de porc-épic, « je suis en train d’amener » la littérature africaine « là où elle n’a pas été enseignée ».

« Si un ministre de la Culture du Congo ne vient pas au Collège de France et qu’il y a la ministre de la Culture française qui est là, la secrétaire de l’Organisation internationale [de la Francophonie], même les ambassadeurs de Suède et de Hongrie, je me demande si je suis Franco-Congolais ou bien Franco-Suédois ! », a-t-il insisté.