Sous le parapluie, Catherine Buquet

Il pleut et les rues sont inondées de gens qui ralentissent la course d’un homme pressé et hargneux. Le vent se met de la partie et envoie valser le parapluie de ce dernier au pied d’un petit garçon qui semble, lui, imperméable à ce torrent, plutôt occupé à saliver devant la vitrine colorée d’une pâtisserie. Survient alors un échange amical qui éclaire cette parcelle de journée grise. Nous l’attendions cet album qui, disons-le, ne déçoit pas. Mais si le texte poétique est bien mené et la joie de vivre du garçon est contagieuse, tout son éclat est redevable au trait dynamique et singulier de Marion Arbona. Les lignes obliques, qui appuient la froideur du temps et de l’homme, la variation des angles de vue ainsi que les couleurs, notamment la pâtisserie lumineuse — source de bonheur au coeur de cette ville grise —, nous absorbent. Il faut voir aussi toute l’émotion qui passe par le parapluie, objet central : de tout noir au début du récit, il se teinte de rose en fin de parcours. Voilà un album graphiquement très réussi.

Sous le parapluie

Catherine Buquet, Les 400 coups, Montréal, 2016, 32 pages