Mission littéraire

Le Salon du livre de Paris ouvre ses portes ce jeudi.
Photo: Martin Bureau Agence France-Presse Le Salon du livre de Paris ouvre ses portes ce jeudi.

Après une présence plutôt modeste en 2015, le Québec devrait retrouver son éclat cette année au Salon du livre de Paris. Le plus grand salon du livre en français ouvre ses portes ce jeudi à la Porte de Versailles en présence d’une vingtaine d’auteurs québécois. Outre les incontournables, comme le nouvel académicien Dany Laferrière, on compte notamment sur la venue de Monique Proulx (Ce qu’il reste de moi, Boréal), Alain Deneault (La médiocratie, Lux) et Joël Des Rosiers (Chaux, Triptyque).

Québec Édition, le comité de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), qui assure la promotion du livre québécois à l’étranger, dit vouloir miser sur la diversité des auteurs québécois. C’est pourquoi les éditeurs ont convié à Paris à la fois des écrivains à la réputation littéraire confirmée, comme l’essayiste Lise Gauvin et le poète Robert Giroux, mais aussi des auteurs d’ouvrages plus populaires comme l’écrivain de sagas Jean-Pierre Charland (1967).

Avec ses 200 000 visiteurs, 1200 exposants et 3500 auteurs venus de 52 pays, le Salon du livre de Paris reste un rendez-vous incontournable, dit Richard Prieur, directeur général de l’Association nationale des éditeurs de livres. « Il arrive après Francfort pour la vente de droits, mais c’est le premier pour la notoriété, l’importance des contacts, le nombre d’éditeurs et d’auteurs. »

Biz récompensé

Lors de l’inauguration du salon, mercredi soir, le membre du groupe de rap Loco Locass, Biz (Sébastien Fréchette), s’est vu remettre le prix littéraire France-Québec 2015 pour son troisième roman, Mort-terrain,publié chez Leméac. Doté d’un montant de 5000 euros, le prix comprend aussi une tournée de l’auteur québécois en France organisée du 15 au 30 mars par le réseau France-Québec.

Québec Édition compte réunir de manière informelle jeudi soir une demi-douzaine de libraires parisiens afin de leur présenter les auteurs qui ont fait le déplacement. Monique Proulx rencontrera aussi des lycéens en compagnie des écrivains Erik Orsenna et Martin Winckler. Une conférence réunira Dany Laferrière et l’écrivain congolais Alain Mabanckou, qui vit en Californie, sur le thème « Nos mythologies américaines ».

Rebaptisé Livre Paris, ce 36e Salon du livre de Paris ouvre ses portes à un moment où, après un creux de vague, le marché du livre français a renoué l’an dernier avec une légère croissance (1,8 %). Plusieurs maisons du groupe Hachette, comme Grasset, Lattès et Stock, absentes l’an dernier, sont de retour. Cette édition 2016 ne fait pas dans la facilité en mettant en vedette une vingtaine d’auteurs sud-coréens, mais aussi quelques auteurs nord-coréens interdits dans leur pays. Parmi les nouveautés cette année, on trouvera un « square » réservé aux religions, qui s’ajoutera aux espaces habituels consacrés par exemple aux grands chefs où ces derniers présenteront leurs livres de cuisine. Parmi les débats publics organisés durant la semaine, on s’interrogera aussi bien sur « le politiquement correct » que sur la possibilité de « résister sans violence ». Les auteurs congolais de Brazzaville et de Pointe-Noire seront aussi sous les réflecteurs.

L’opération, qui coûte environ 100 000 $ chaque année à Québec Édition, n’est évidemment pas rentable, reconnaît Richard Prieur, puisque les ventes ne dépassent guère 40 000 $. « Mais un salon comme celui de Paris, ce n’est pas une question de rentabilité. On ne peut tout simplement pas ne pas y être. » Prieur rappelle que, grâce notamment à cette présence, plusieurs petites maisons d’édition québécoises se sont taillé, avec les années, des niches enviables en France. C’est notamment le cas d’Écosociété, de Lux, de La Pastèque et même d’éditions très spécialisées comme celles du CHU Sainte-Justine.