Le jardinier des Molson, Pierre Falardeau et Richard Forgues

C’est l’histoire d’un scénario inabouti que le cinéaste Pierre Falardeau, décédé en 2009, n’a jamais eu la chance de fignoler. D’abord publié de manière posthume en format texte, aux éditions Le Québécois, Le jardinier des Molson trouve aujourd’hui un autre souffle en bande dessinée, au terme d’une campagne de sociofinancement et d’une mise en dessin par le dessinateur Richard Forgues. Sous la couverture, l’action se joue dans les tranchées de la guerre 14-18, dans lesquelles de braves Canadiens français ont été envoyés se faire tuer. En face, les « Boches » menacent le groupe placé malgré lui dans ce face-à-face qui, tout en exposant les grandes préoccupations identitaires et sociales de Falardeau qui, au fil de son récit historique cible, avec la « finesse » qu’on lui connaît, les Anglais, les « mangeux d’marde », le culte du bilinguisme, la servitude à l’argent ou encore « le gars d’La Presse ». 134 contributeurs sur Kickstarter ont permis la création de ce « story-board » comme le présente l’auteur, dans un paradoxe savoureux : 5 % des 8300 $ récoltés sont allés dans les poches des Anglais d’Amérique propriétaires du site de sociofinancement.


Le jardinier des Molson

Pierre Falardeau et Richard Forgues, jardinierbd.ca, Montréal, 2016, 414 pages

1 commentaire
  • Yann Leduc - Abonné 5 mars 2016 22 h 53

    Falardeau le vulgaire

    Même après sa mort, on s'en prends encore à la vulgarité de Falardeau ! Mais est-ce qu'il disait vrai et beau ? Ça on nous le dit pas. Et puis, qu'un artiste québécois donne 415$ à une compagnie américaine pour amasser de l'argent pour adapter un scénario de Falardeau, tout un "paradoxe savoureux", une trahison nationale tant qu'à y être ! Comme si Falardeau allait se retourner dans sa tombe pour 415 $ donné à un Américain ! De la grande critique littéraire.