Venise, aller simple, Alain Veinstein

Dans Venise, aller simple, son quelque vingt-quatrième livre, le journaliste littéraire de France Culture, poète et romancier Alain Veinstein, publie une suite de 88 fragments, des jours et des nuits d’errance, de souvenirs, de songes et de mémoires. Mélanges autobiographiques, cette belle somme narrative et inventive est un essai sur la vie, sur l’amour libre et sur le monde littéraire, qu’il a animé en ondes radiophoniques pendant 30 ans au quotidien. Ce journal d’écrivain, par sa nostalgie, son élégance et son érudition tranquille, fait penser à l’écriture de Gilles Archambault. Par ailleurs, Veinstein, limogé brutalement de son emploi, y consigne son amertume, retrouvant un franc-parler notable concernant l’excès de lecture, le ressassement des livres, les effets de carrière et toutes les épreuves surmontées. Sa poésie troue ce journal intime pour contrer la déperdition avec bonheur. Qui était habitué à suivre en balado Du jour au lendemain ou Surpris par la nuit sur France Culture retrouvera donc la voix, cette fois écrite, d’un écrivain qui se tenait en retrait, complice attentif à la parole d’autrui. Ce journalisme-là est rare. C’est sa large palette à fines touches de sensations et d’émotions qui témoigne et enrichit la vie littéraire.


Venise, aller simple

Alain Veinstein Seuil Paris, 2016, 293 pages Dans , son quelque vingt-quatrième livre, le journaliste littéraire de France Culture, poète et romancier Alain Veinstein, publie une suite de 88 fragments, des jours et des nuits d’errance, de souvenirs, de songes et de mémoires. Mélanges autobiographiques, cette belle somme narrative et inventive est un essai sur la vie, sur l’amour libre et sur le monde littéraire, qu’il a animé en ondes radiophoniques pendant 30 ans au quotidien. Ce journal d’écrivain, par sa nostalgie, son élégance et son érudition tranquille, fait penser à l’écriture de Gilles Archambault. Par ailleurs, Veinstein, limogé brutalement de son emploi, y consigne son amertume, retrouvant un franc-parler notable concernant l’excès de lecture, le ressassement des livres, les effets de carrière et toutes les épreuves surmontées. Sa poésie troue ce journal intime pour contrer la déperdition avec bonheur. Qui était habitué à suivre en balado ou sur France Culture retrouvera donc la voix, cette fois écrite, d’un écrivain qui se tenait en retrait, complice attentif à la parole d’autrui. Ce journalisme-là est rare. C’est sa large palette à fines touches de sensations et d’émotions qui témoigne et enrichit la vie littéraire.