Watertown, Jean-Claude Götting

Il faut toujours un peu se méfier des histoires de vie que l’on fabule sur les autres, en laissant les apparences et les préjugés nous trahir. Watertown, c’est un peu ça, mais surtout le récit d’une obsession, celle que Philip Whiting, employé ordinaire chez Barney Putnam, va développer autour de Maggie, la fille de la boulangerie qui quitte son emploi la veille de la mort de son patron. Mystérieusement, selon lui. Tout est là pour nourrir des doutes et des apparences accablantes que Jean-Claude Götting, avec son dessin plein de poésie posé sur un texte à la mécanique subtile, confronte, et déstabilise méthodiquement pour mieux montrer la plus fragilité des vérités. On est dans l’univers graphique de la Nouvelle-Angleterre des chapeaux de feutre et des Ford Sedan. Et l’on y est bien.

Watertown

Jean-Claude Götting, Casterman, Bruxelles, 2016, 90 pages