LMPI est à vendre

LMPI gère la distribution de plus de 3000 titres de magazines.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir LMPI gère la distribution de plus de 3000 titres de magazines.

LMPI, le plus grand distributeur de presse internationale au Québec et en Amérique du Nord, est à vendre. Cette division de LS Distribution North America, qui gère la distribution de plus de 3000 titres de magazines (Courrier international, Paris Match, Geo, Psychologies, etc.), est propriété d’un actionnaire unique, Lagardère. Ce dernier avait annoncé dès 2014 son intention de céder ses activités de distribution de presse en Suisse, en Belgique, en Hongrie, en Espagne et au Canada.

Les parts suisses ont trouvé preneur début 2015. Les belges, il y a quelques semaines. C’est maintenant aux parts canadiennes d’être mises en vente, comme l’a confirmé au Devoir François Leslé, président de LMPI. « Il faut trouver le bon actionnaire, avec la bonne vision, capable de s’intégrer dans la synergie, a expliqué M. Leslé en entrevue téléphonique. Il n’est pas question de se désengager de façon rapide, mais plutôt de façon très calme et très concertée. »

 

Intérêt au métier

D’autant que les activités de presse au pays ont été beaucoup fragilisées ici avec la faillite de Messageries de presse Benjamin, début 2014. Le milieu, LMPI inclus, a besoin de stabilité pour se remettre de la houle des dernières années. Rappelons que LMPI avait alors récupéré une bonne part des contrats des magazines francophones de Benjamin, mais la transition ne s’est pas faite sans accrocs pour tous les joueurs et certains éditeurs ont perdu des plumes en cours de route.

LMPI a de son côté été confronté à de mauvaises surprises, allant jusqu’à accuser Messageries de presse Benjamin de ne pas lui avoir donné « l’heure juste » lors des négociations pour les passations de contrats. Mais l’actionnaire unique de LMPI, Lagardère, qui y investit depuis 1968 et qui démontre un « intérêt historique réel au métier », assurait, et assure toujours, la solidité de l’entreprise.

Cette pieuvre, active aussi en distribution commerciale, en restauration, en production télévisée et numérique, qui a tâté puis abandonné l’achat et la revente de droits sportifs, a annoncé dès 2014 à ses actionnaires, par la voix de son dirigeant, Arnaud Lagardère, vouloir « se délester d’une partie importante de la distribution de presse » afin de répondre au « déclin inéluctable » du secteur de la presse, comme le rapportait alors le quotidien belge La Libre Belgique.

François Leslé constate cette mutation du marché de visu sur le territoire nord-américain et donne en exemple la présence des magazines dans les boutiques des aéroports, un lieu naturel à l’achat de périodiques. Alors que ces boutiques proposaient il y a encore peu de temps 70 % de magazines, « l’évolution du mix » a vu ce pourcentage baisser à 30 %.

En Suisse, Valora a racheté les activités de LS Distribution Suisse (Naville) en février 2015. En Belgique, bpost a signé un accord en vue de l’acquisition il y a quelques semaines (début février), encore soumise aux autorités de la concurrence.

Au Québec, depuis la disparition de Messageries de presse Benjamin, Messageries Dynamiques (propriété de Québecor) est devenue le numéro un québécois en distribution de publications québécoises. Dimedia distribue quelques revues, sans en faire une spécialité (Liberté, Moebius). Le choix, pour les éditeurs de magazines, s’est beaucoup limité.