Autopsy.glass, Myriam Bleau

Elle fait chanter du bout d’un doigt des verres à vin, derrière une table en damier où des carrés de lumière s’allument sous la vibration, semble-t-il, des coupes dont elle joue. Le son est amplifié, parfois déformé. Myriam Bleau, dont on ne voit longtemps (et malheureusement, puisque son incarnation et sa présence sont des points forts de sa proposition) que le haut du corps, a l’attention précise, cruelle et sadique d’un vieux chat qui joue avec une souris. Elle coupe le verre au ciseau, le fait crisser, comme nos oreilles, le casse, se sert de tesson comme d’un médiator. On comprend, la regardant resserrer si lentement un étau qui fera, c’est écrit, exploser une coupe, que le suspens, c’est finalement ralentir le chemin vers une fin anticipée. Formel, cohérent, vibratoire, avec une juste part de risque et de proximité, un peu dangereuse, avec le public. Mais on aurait aimé que le travail des lumières soit aussi poussé que celui du son, des matières et triturations qui le produisent. Une artiste à suivre.

Autopsy.glass

Myriam Bleau À l’Usine C jusqu’au 20 février Dans le cadre de Temps d’images 25 minutes