Hiroshimoi, Véronique Grenier

À l’amour comme à la guerre. C’est une histoire assez classique de triangle amoureux, où résonne le « Tu me tues, tu me fais du bien » de Marguerite Duras (Hiroshima, mon amour). Un triangle dont les angles ne s’adoucissent jamais : il lui promet qu’ils formeront vite un couple « normal », elle le croit, il hésite, elle dépérit. « Il me semble avoir perdu des bouts de coeur, de chair, de corps. Des bouts de vie. En chemin. Me semble que je suis moins. » Petit livre incandescent, récit de sursaut et de révolte, Hiroshimoi de Véronique Grenier (professeur de philosophie au collégial, blogueuse et chroniqueuse) mêle poésie trash et mémoire en fragments. « Je t’ai laissé me poser une poignée dans le dos. Mais t’étais habitué, j’tais pas la première à qui t’en vissais une. J’pense que t’as percé mes poumons avec ta drill. Tu me traînes au bout de tes bras qui vont toucher le sol. Je sais pas si tu vois mes jambes écorchées, la trace de sang qui marque ton chemin. Je me vide. » Court mais intense. En librairie le 9 février.

Hiroshimoi

Véronique Grenier, Éditions de Ta Mère, Montréal, 2016, 68 pages