Je veux une maison faite de sorties de secours, sous la direction de Claudia Larochelle

Rendre hommage à une amie suicidée, c’est cogner aux portes d’une des plus grandes questions philosophiques qui soit. En employant une méthode relevant du souvenir, de la fiction et de l’enquête journalistique auprès des proches de Nelly Arcan, Claudia Larochelle parvient, dans la douzaine de ses textes ponctuant ce recueil collectif de « réflexions sur la vie et l’oeuvre » de sa soeur de confidences et de soirées arrosées, à révéler sans impudeur la Isabelle Fortier capable de légèreté qui se terrait derrière ses livres obsédés par la mort. Les redites abondent malheureusement entre les collaborateurs, qui optent pour l’analyse textuelle plus traditionnelle; alors que ceux qui racontent simplement leur Nelly suggèrent en creux de nouvelles manières de la lire — Carl Leblanc brille, par exemple, à cet exercice en sublimant une anecdote pourtant archi-banale. L’auteure de Putain et de Folle (Seuil) aurait sans doute été d’accord : les idées passent toujours mieux lorsqu’on les corsète dans un minium de récit.

Je veux une maison faite de sorties de secours

Sous la direction de Claudia Larochelle, VLB, Montréal, 2015, 240 pages

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