Le kimono de neige, Mark Henshaw

Photo: Christian Bourgois

L’intrigue est complexe puisqu’elle prend racine, sans en avoir l’air, au Japon tout autant qu’en Algérie et dans le quartier de la Bastille, à Paris, en 1989. Elle touche en fait trois hommes que rien ne semble relier : un inspecteur de police à la retraite, qui a « fait un séjour » en Algérie avant l’indépendance, ainsi qu’un ancien professeur de droit et son ami écrivain, tous deux japonais. Rajoutez à cela que tous trois se sont plus ou moins consciemment menti toute leur vie durant au sujet de l’existence d’une jeune femme : leur fille. Il y aura bien quelques cadavres, en Algérie surtout et au Japon, mais il y a longtemps… Ce n’est pas cela qui fait le charme suranné de ce merveilleux récit plongeant dans des pays, des époques, des contextes et des genres littéraires complètement différents. C’est plutôt l’écriture fine, sensible, impressionniste de Mark Henshaw qui publie pour la première fois en français. On sera touché par ce récit si finement orchestré (et traduit avec élégance par Aurélie Tronchet), que la quatrième de couverture décrit assez bien en parlant d’un « thriller psychologique complexe doublé d’une méditation profonde sur l’amour et la perte, la mémoire et ses aléas ».

Le kimono de neige

Mark Henshaw, Christian Bourgois, traduit de l’anglais par Aurélie Tronchet, Paris, 2015, 400 pages