Retour en Suède

Toujours passionné par la musique de John Coltrane, le commissaire Erik Winter est de retour. Il a laissé sa petite famille sur la Costa del Sol où il récupérait depuis quelques années déjà — voir Le dernier hiver (JC Lattès, 2010) — d’une presque noyade et le voilà plongé dans l’hiver de Göteborg… et dans un sordide triple meurtre.

Une mère et ses deux jeunes enfants ont été massacrés dans leur maison, au bout du monde près de la marina d’Amundö. L’enquête sera longue, difficile, butant à quelques reprises sur de faux coupables mais mettant en scène, toujours, le désarroi d’une société éclatée qui a du mal à prendre conscience de sa nouvelle réalité. Mais Winter est entêté, on le sait. Même la mort de sa mère Siv, installée elle aussi à Marbella en Espagne, même l’absence d’Angela et de ses deux filles restées là-bas ne le feront pas décrocher de l’horrible meurtre. Inlassablement, il retourne sur les lieux du crime pour s’en imprégner et pour laisser monter en lui, comme à l’habitude, ces voix et ces images indéterminées qui prennent de plus en plus la forme de l’acouphène dont il est affligé. Avec son équipe, à laquelle s’est ajoutée une nouvelle recrue, il reprend plusieurs fois l’enquête en mettant tout sur la table comme on le fait avec les pièces d’un puzzle. Puis le temps fera son oeuvre et, au bout de quelques mois de piétinements productifs — qui semblent n’être là que pour éclairer le lecteur sur les difficiles transformations de la société suédoise —, l’affaire prendra une série de tournants inattendus avant de se dénouer devant nous.

Mais cela suffira-t-il pour que l’élégant commissaire Winter reste à Göteborg plutôt que d’aller se réinstaller au soleil ?

La maison au bout du monde

Ake Edwardson, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, JC Lattès, Paris, 2015, 409 pages

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