Les écrivains québécois sous le ciel de Port-au-Prince

Immense vedette locale et figure de proue malgré lui de cette délégation d’une douzaine d’écrivains québécois, Dany Laferrière ne peut se déplacer dans les rues de Port-au-Prince sans susciter l’enthousiasme.
Photo: Jean-François Nadeau Le Devoir Immense vedette locale et figure de proue malgré lui de cette délégation d’une douzaine d’écrivains québécois, Dany Laferrière ne peut se déplacer dans les rues de Port-au-Prince sans susciter l’enthousiasme.

Les écrivains et la littérature du Québec sont célébrés en Haïti à l’occasion du Salon du livre de sa capitale et des activités qui l’entourent. Cet événement largement publicisé à Port-au-Prince s’est officiellement terminé dimanche 13 décembre. Mais d’autres rencontres restent à venir.

La foire se déroulait au Champ de Mars, une grande place verte située non loin de l’ancien palais présidentiel détruit par le grand séisme de 2010. La romancière Yannick Lahens, Prix Femina 2014, était la présidente d’honneur de cette rencontre où la littérature québécoise a suscité le gros de l’attention.

Immense vedette locale et figure de proue malgré lui de cette délégation d’une douzaine d’écrivains québécois, Dany Laferrière ne peut se déplacer dans les rues de Port-au-Prince sans susciter l’enthousiasme et les demandes d’autographes.

À l’issue de cette troisième édition, Laferrière considère que l’événement « commence à être une tradition ». Chose certaine, la place de la littérature dans la société haïtienne se nourrit déjà à des racines profondes et variées.

Médiateurs culturels

L’éditeur Rodney Saint-Eloi, nouvellement élu à l’Académie des lettres du Québec, est lui aussi un fort pôle d’attraction qui joue en faveur de la pénétration de délégation québécoise dans cette société fervente de littérature. Laferrière et Saint-Eloi ont servi durant une semaine de médiateurs culturels pour présenter la littérature québécoise à des publics curieux et avides d’en connaître plus sur la littérature d’un pays de neige où ils comptent souvent de la famille.

« C’est la foire de la jeunesse, dit Laferrière. « Beaucoup de jeunes sont venus au Champ de Mars. Ce sont des visiteurs dynamiques et pas seulement des badauds. Ils ont acheté, malgré une situation économique difficile. Et les auteurs ont signé. J’ai l’impression que l’événement prend une vitesse de croisière. »

La délégation québécoise a offert des conférences, participé à des tables rondes, rencontré les membres du PEN club de Port-au-Prince, visité des bibliothèques et des librairies, tout en rencontrant des écrivains venus de France, de Belgique et des Caraïbes.

L’écrivaine Nicole Brossard se trouvait à Port-au-Prince pour la première fois. Elle ne cache pas une certaine ambivalence devant cette ville complexe qu’est Port-au-Prince, tout en se félicitant, comme les autres écrivains présents, de ce nouvel effort entrepris pour ouvrir la littérature québécoise au monde.

La foire comptait notamment sur la présence de Perrine Leblanc, Denise Desautels, Patrick Sénécal, Bertrand Laverdure, Joël Desrosier, Marie-Célie Agnant, Ouanessa Younsi, Natasha Kanapé Fontaine, Félix Philantrope et Daniel Grenier. C’est un collectif d’éditeurs québécois qui a pris l’initiative d’organiser ces rencontres. Un des principaux organisateurs, l’éditeur et écrivain Rodney Saint-Éloi, ne cachait ni sa joie ni son plaisir à l’issue du coeur de ces activités.

Jean-François Nadeau se trouve à Port-au-Prince à l’invitation de la délégation des écrivains québécois en Haïti.