30 000 ans d’art, Phaidon

Résumer 30 000 ans d’art en 598 oeuvres ? Méchant défi. Or, ce projet encyclopédique, amorcé avec une figurine en ivoire de la période aurignacienne et conclu dans la lumière de James Turrell, tient la route. Les choix sont discutables — La Joconde n’y est pas, l’hyperréalisme un brin porno de John Currin, si. Indiscutable et pourtant audacieuse, basée sur « une manière aussi nouvelle que passionnante d’aborder l’art », la chronologie, sans égard ni aux régions du monde ni aux sauts esthétiques, propose des rapprochements inédits, tel que celui entre une peinture-écriture du XVe siècle iranien et L’Annonciation (vers 1441), fresque de Fra Angelico. Ce parti pris pour l’universalité de l’évolution demeure malgré tout teinté d’eurocentrisme. Notez que cette publication est une mise à jour d’un ouvrage publié d’abord en 2008. Des cinq oeuvres réalisées depuis et ajoutées à la nouvelle édition, deux ont été exposées à Montréal, soit les films Women Without Men de Shirin Neshat et The Clock de Christian Marclay. De quoi se sentir un petit peu part de ce long récit sans fin.

30 000 ans d’art

Collectif Phaidon, Paris, 2015, 656 pages