Hochelaga, mon quartier. Poèmes d’écoliers montréalais, accompagnés par Jeanne Painchaud, Francine Tougas, Louise Morin et Suzanne Gauthier

Grand album de 26 par 36 centimètres que cet Hochelaga, mon quartier. On y retrouve 15 poèmes écrits par des jeunes, dont on aurait aimé connaître l’âge afin de mieux apprécier la prouesse poétique. Ils ont été accompagnés dans l’exercice par Jeanne Painchaud, Francine Tougas, Louise Morin et Suzanne Gauthier. Voici un moment de grâce et une introduction particulièrement efficace à la poésie pour les plus jeunes. Car, je n’en doute pas une seconde, ils sauront s’identifier à ces poètes débutants qui cernent une partie de leur lieu de vie, lançant leur texte à la manière d’une sonde dans le réel. Tous les textes retenus sont importants à maints égards. Comment ne pas être ému par celui d’Anthony St-Gelais Lachance : « À l’aide d’une baguette magique / je changerais la prostitution en droit de parole de la femme / je changerais la drogue en produits médicaux / je changerais la chasse aux gangs de rue / en aide aux jeunes dans la rue / je changerais la haine en amour / pour qu’il n’y ait plus de tristesse dans les familles / je changerais l’intimidation en amitié // Je rêve à tout cela chaque jour. » Plus imagé, le texte de Miguel Tejesda bouleverse : « J’ai trouvé un oiseau blessé / on l’a lancé pour qu’il vole / il est retombé / et il est mort. » Tout comme celui de Tao Mah : « Sur nos balcons, on crie / d’un bout à l’autre de la rue / nous n’habitons pas la même maison / mon demi-frère et moi. » Mais le cri de cette poésie sincère nous rejoint totalement.

Hochelaga, mon quartier Poèmes d’écoliers montréalais

Illustrations de Rogé, Éditions de la Bagnole, Montréal, 2015, 42 pages