Noireclaire, Christian Bobin

Vous avez perdu un être cher ; vous vivez dans l’absence, vous cherchez les mots qui restituent la présence, qui font aimer même la perte et l’oubli, plaçant la mort dans la vie, au lieu du contraire. Saisissez Noireclaire de Christian Bobin, ce juste titre où celui qu’on a dit orfèvre de la langue, consolateur mélancolique, pourvoyeur de féerie verbale, retrouve Ghislaine, morte à 44 ans en 1995. Il lui avait consacré La plus que vive (Folio), un hommage poétique émouvant, il y a vingt ans déjà. Noireclaire est du meilleur Bobin, celui qui voit l’avenir en transparence, riche de détails précieux, la vie éclairée par la mémoire, gardant du passé une perspective douce du temps présent. « Je suis le plus petit disciple, mes maîtres sont partout. » Cette écriture en vers libres donne raison au partage d’un amour versé dans un beau livre.

Noireclaire

Christian Bobin, Gallimard, Paris, 2015, 75 pages