Les gens de lettres se cherchent une maison à Montréal

Parmi les sites où la Maison des gens de lettres a rêvé d’habiter, il y a l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, rue Saint-Denis.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Parmi les sites où la Maison des gens de lettres a rêvé d’habiter, il y a l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, rue Saint-Denis.

Une association de gens de lettres du milieu québécois de l’édition cherche un lieu pour asseoir ses quartiers. Le projet d’une « Maison des gens de lettres » est en fait une ébauche de complexe littéraire qui réunirait une coopérative d’habitation, mais aussi des lieux de création, des espaces de service et de réunion, ainsi qu’un espace commercial lié à la littérature. Le tout est piloté par 15 membres fondateurs, parmi lesquels se trouvent des écrivains, des libraires et des gestionnaires du monde de l’édition.

Ces jours-ci, l’organisation à but non lucratif interpelle le gouvernement au sujet des nombreux « édifices dits excédentaires tant du domaine de la santé que de la culture, des lieux jusqu’alors destinés à assurer le mieux-être de la population. Hôpitaux, centres de services, immeubles de bureaux seront mis à la disposition des plus offrants désireux de s’enrichir aux frais des contribuables sans s’inquiéter le moins du monde des répercussions sur un quartier, sur une ville », écrivait le groupe dans un communiqué.

Le projet de Maison des gens de lettres, qui a vu le jour officiellement il y a environ un an, compte au moins 60 unités d’habitation tant pour des personnes seules que pour des familles. Deux appartements seraient destinés à des écrivains étrangers dans le cadre d’échanges de résidences. On prévoit l’établissement de bureaux abritant des associations et des organismes tels que l’Académie des lettres du Québec, le PEN Québec et d’autres organismes à but non lucratif regroupant des gens de lettres. Des services d’écrivain public, d’aide aux devoirs ou de lectures privées pour personnes âgées ou patients hospitalisés feraient également partie du projet. Les logements seraient ouverts à la mixité sociale, intergénérationnelle et interculturelle.

Bibliothèque Saint-Sulpice

La Maison des gens de lettres n’a cependant toujours pas trouvé de lieu où s’établir.

Parmi les sites où l’organisation a rêvé d’habiter, il y a l’ancien site de la bibliothèque Saint-Sulpice, rue Saint-Denis, dont un comité, dirigé par l’ex-recteur de l’UQAM Claude Corbo et l’ex-ministre Michèle Courchesne, étudie présentement la vocation.

Selon Éric Noël, vice-président du conseil d’administration, il aurait été possible d’ériger des espaces locatifs derrière cet édifice classé au patrimoine.

Mais la Maison des gens de lettres s’intéresse à d’autres édifices gouvernementaux dont l’avenir demeure à définir : les locaux de l’Hôtel-Dieu de Montréal, par exemple, ou ceux de l’ancienne Agence de la santé de Montréal, à l’angle des rues Saint-Denis et Roy. Le groupe mentionne aussi l’ancien site de l’Institut des sourdes-muettes, toujours rue Saint-Denis.

La Maison des gens de lettres s’inspire entre autres de la toute nouvelle Maison de la littérature, à Québec, soutenue à la fois par la Ville de Québec et par le gouvernement provincial. À Montréal, la Maison des écrivains, rue Laval, abrite essentiellement les activités de l’Union des écrivains et des écrivains du Québec, mentionne Éric Noël.

« Une littérature, le théâtre compris, qui ne peut que répondre aux demandes du marché manque à l’un de ses rôles primordiaux : développer notre conscience collective, en gardant notre mémoire vivante, en favorisant l’innovation pour l’avenir. Toutefois, les artistes doivent composer avec le présent économique, donc payer au prix fort l’aventure qui les passionne, afin de poursuivre leurs recherches et continuer à créer leurs oeuvres », écrit l’organisme dans un communiqué.

Parmi les quinze membres fondateurs de la Maison des gens de lettres, on retrouve les écrivains Denise Boucher et André Roy, la libraire Françoise Careil, la gestionnaire Lucie Bélanger et de nombreux écrivains, dont Pierre Samson, qui est président du conseil d’administration.

« Je trouvais intéressant de participer à ce projet », dit Françoise Careil, de la Librairie du Square, rue Saint-Denis. « Parce qu’après tout, en tant que libraire, on est des gens de lettres, mais si on ne crée pas des livres. J’aimais cette idée de trouver un local et de faire un montage financier. »

Des appuis de tous les horizons

Plusieurs noms reconnus de la communauté des lettres québécoises ont appuyé publiquement le projet d’une Maison des gens de lettres à Montréal. Mentionnons entre autres les écrivains Michel Tremblay, Marie-Claire Blais, François Avard, Perrine Leblanc, Robert Lalonde, Martin Winckler et Élise Turcotte, ainsi que de nombreux autres. Le projet est aussi appuyé par l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec (UNEQ), l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), l’Association des libraires du Québec (ALQ) et la Maison de la poésie.

Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir

Les membres fondateurs

Lucie Bélanger, gestionnaire
Josée Bilodeau, écrivaine
Denise Boucher, écrivaine
Dany Boudreault, écrivain
Françoise Careil, libraire
Nicolas Delisle-Lemieux, écrivain
Alain Fisette, écrivain
Bertrand Laverdure, écrivain
Véronique Marcotte, écrivaine
Éric Noël, écrivain et dramaturge
Cédric Patterson, écrivain
Dominique Robert, écrivaine
André Roy, écrivain
Pierre Samson, écrivain
2 commentaires
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 2 décembre 2015 12 h 35

    Dernier paragraphe...

    Peut-être qu'on aurait dû lire: "...on est des gens de lettres, même si on ne crée pas des livres"...

    Pour le reste...une très bonne idée que ce "projet" de "Maison des gens de lettres".

  • Stéphanie Deguise - Inscrite 2 décembre 2015 13 h 22

    Le lieu idéal: la Bibliothèque St-Sulpice!

    Ce si bel édifice est situé tout près de la Banq et de l'UQAM, quartier dont la poésie a pris un sacré coup ces dernières années. Peut-être qu'une Maison des gens de lettres susciterait-elle l'ouverture de petits lieux un peu plus personnels.