De politique et de mots

De gauche à droite, Jean-François Roberge, Françoise David et Maka Kotto. La quatrième invitée à cette table ronde, la ministre de la Culture, Hélène David, n’apparaît pas sur la photo.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir De gauche à droite, Jean-François Roberge, Françoise David et Maka Kotto. La quatrième invitée à cette table ronde, la ministre de la Culture, Hélène David, n’apparaît pas sur la photo.

Quatre députés québécois ont troqué, dimanche après-midi, leur chapeau d’élu pour celui de lecteur. À l’occasion de la 38e édition du Salon du livre de Montréal, la ministre libérale de la Culture, Hélène David, la députée solidaire Françoise David, le député péquiste Maka Kotto et le député caquiste Jean-François Roberge ont tous répondu présent à l’invitation de l’animateur Simon Durivage pour discuter des livres qui ont marqué et influencé leur vie, tant personnelle que professionnelle.

Et si, à l’image de leurs positions politiques, leurs goûts littéraires diffèrent, on sentait tout de même un certain consensus autour de la table. Un grand amour indéfectible pour les mots, pour les jeux de la langue française et pour ceux dont le travail est de la faire rayonner, les libraires. « Je me suis toujours cherchée à travers la lecture, a affirmé Hélène David. Elle nous en apprend sur la nature humaine, nous permet de nous retrouver, de mieux comprendre les choses. »

« La littérature a cela de beau, elle nous permet de voyager », a lancé Jean-François Roberge. « C’est important de ne pas toujours lire sur ce qui nous ressemble, a renchéri sa collègue solidaire. Les livres me font découvrir le monde. Ils nous permettent de nous rendre compte qu’au fond, tous les humains se ressemblent. »

Dans leurs bibliothèques, les essais côtoient donc les romans, les biographies et les ouvrages pratiques.

Auteurs québécois prisés

Pour faire participer la petite foule compacte venue écouter avec attention la discussion littéraire, Simon Durivage l’a questionnée sur le genre d’ouvrages qu’elle privilégiait. « À main levée, combien d’entre vous ne lisent que des livres “sérieux” ? Des essais, des biographies, a demandé l’animateur. Et qui sont ceux qui lisent pour se divertir ? » Tour à tour, les mains se sont levées, timidement.

« Il ne faut pas opposer les essais aux romans, a tenu à souligner Françoise David avec un léger rire. Il n’y a pas de livre moins sérieux. On n’est pas que dans la distraction parce qu’on lit un roman. La littérature nous apprend toujours quelque chose. »

De Gilles Vigneault à Dany Laferrière, en passant par Gabrielle Roy et Monique Proulx, les auteurs québécois étaient à l’honneur dans les coups de coeur des quatre politiciens.

La ministre de la Culture a d’ailleurs profité de la table ronde pour lancer un appel senti aux Québécois. « Le temps des Fêtes approche, a-t-elle dit avec un large sourire. C’est le temps d’aller en librairie et de demander à votre libraire agréé s’il a des suggestions. C’est l’occasion de donner la littérature en cadeau. »