La poète Dominique Robert est primée par un jury «audacieux»

Dominique Robert a reçu le Grand Prix du livre de la Ville de Montréal des mains de Manon Gauthier, membre du comité exécutif.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Dominique Robert a reçu le Grand Prix du livre de la Ville de Montréal des mains de Manon Gauthier, membre du comité exécutif.

L’un des membres du jury, Pierre Ouellet, suggérait d’apporter ce livre sur une île déserte, puisqu’il rassemblait à lui seul les genres de la poésie, de l’essai et de la prose. La cérémonie du maître, de Dominique Robert, paru aux éditions Les Herbes rouges, a remporté lundi le Grand Prix du livre de la Ville de Montréal.

Ils étaient plusieurs lundi à qualifier d’« audacieux » le jury de cette année, qui était présidé par Madeleine Gagnon. Entre autres parce que quatre des cinq livres finalistes étaient des oeuvres de poésie, dont trois parues aux éditions des Herbes rouges. Carole David y était aussi en lice pour L’année de ma disparition, et Roger Des Roches pour Le corps encaisse. Monique Deland était finaliste pour La nuit, tous les dieux sont noirs, paru au Noroît, et Dominique Scali pour son roman À la recherche de New Babylon, paru aux éditions La Peuplade.

Pour Pierre Ouellet, c’est la qualité de l’écriture qui a guidé le choix du jury vers ces finalistes. « J’étais jury l’an dernier, et il n’y avait que des romans », remarque-t-il. « Le Grand Prix du livre de la Ville de Montréal est ouvert à tous les types de livres. » Madeleine Gagnon, la présidente du jury ne pouvait pas être sur place lundi pour remettre le prix à Dominique Robert.

« C’est exceptionnel » qu’autant de livres de poésie se retrouvent finalistes, remarquait lundi François Hébert, des éditions des Herbes rouges. « Cela fait preuve d’une certaine audace. »

Pour le jury, le livre de Dominique Robert témoigne « d’une grande maîtrise et d’une grande liberté, où l’imagination la plus vive et l’érudition la plus riche s’allient pour dresser la carte verbale du monde contemporain à travers les mythes et les rituels les plus anciens ».

L’auteur disait lundi avoir conçu son livre comme un voyage initiatique, inspiré de écrits par Homère, de Dante, et même Saint-Exupéry. Alliant le passé et le présent, elle a aussi puisé dans son expérience des jeux vidéo pour écrire ce livre. « Les enfants ont raison de voir qu’il se passe quelque chose de littéraire », dans ces jeux, dit-elle. Les autres membres du jury étaient Roger Chénier, libraire, et Hugh Hazelton, Bertrand Laverdure et Catherine Morency, écrivains.