Le prix Médicis décerné à Nathalie Azoulai et Hakan Günday

Paris — Le Médicis, l’un des prix littéraires français les plus réputés, a été décerné jeudi à Nathalie Azoulai pour Titus n’aimait pas Bérénice et, pour le livre étranger, à l’écrivain turc Hakan Günday pour Encore, a annoncé le jury.

Nathalie Azoulai (49 ans) était la seule femme parmi les finalistes du prestigieux prix Goncourt qui a finalement été attribué mardi à Mathias Enard pour Boussole.

« Je suis très heureuse. C’était une semaine difficile, mais qui se termine de la plus belle des manières. J’étais aussi nommée sur quelques autres listes et il y a ce jeu de l’attente […] qui se conclut admirablement », a réagi l’écrivain.

Nathalie Azoulai a puisé son inspiration dans l’oeuvre de Racine (sa pièce, Bérénice, est publiée en 1670) et s’est immergée dans le Grand Siècle de Louis XIV, pour écrire Titus n’aimait pas Bérénice qui n’en est pas moins un roman très contemporain sur un chagrin d’amour d’aujourd’hui.

Hakan Günday (39 ans), s’est mis lui dans la peau d’un passeur dans Encore (Daha), paru en Turquie en 2013. Il s’inspire du trafic de clandestins pour écrire une charge virulente contre ceux qui profitent de la détresse des migrants, avec la complicité d’un pouvoir corrompu.

« Les migrants, les passeurs sont les conséquences de toutes les inégalités qui existent sur cette terre depuis longtemps », explique l’écrivain, fils de diplomate, qui a longtemps séjourné à Bruxelles.

« Tant que ces inégalités, cette violence demeurent, nous aurons toujours ces tragédies, donc il vaut mieux agir dès aujourd’hui parce que quand il est question d’humanité il n’est jamais trop tard », insiste-t-il.

Le Médicis du meilleur essai est revenu à Nicole Lapierre pour Sauve qui peut la vie, un livre explorant le passé douloureux de la famille de l’auteure, des juifs polonais assimilés en France.